Des détenus renvoyés par la Belgique vers le Maroc

Cinq prisonniers marocains détenus en Belgique ont été transportés ce lundi en avion, depuis l’aéroport militaire de Melsbroek, vers leur pays d’origine, pour y terminer leur peine. Possible en théorie depuis 2007, ce type de transfèrement n’avait cependant encore jamais été pratiqué, indiquait la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom.

En 1997, la Belgique avait signé un protocole d’accord avec le Maroc rendant possible le retour de prisonniers marocains. Mais le nombre de détenus en Belgique qui donnaient leur accord à une telle mesure s’était révélé très restreint. C’est pourquoi la ministre en charge de la Justice en 2007, Laurette Onkelinx, avait conclu un protocole annexe avec le Maroc, qui rendait possible le retour forcé de prisonniers.

Cet accord n’a été ratifié que l’an passé par le Maroc, et la procédure n’avait encore jamais été mise en pratique jusqu’à ce lundi. Un premier avion a donc quitté l’aéroport militaire de Melsbroek lundi matin à destination de Rabat avec cinq détenus marocains à son bord. La ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open VLD) considère l’accord comme l’une des solutions pour remédier à la surpopulation des prisons belges.

Les cinq premiers détenus renvoyés au Maroc pour y terminer leur peine sont âgés de 24 à 39 ans. Ils ont été incarcérés pour faits de drogue, séjour illégal, coups et blessures, faux en écriture, détention d’armes, viols, séquestration et torture. A eux cinq, ils totalisent des peines d’emprisonnement de 36 ans et 6 mois. « Il s’agit d’une criminalité grave. Ces hommes ont épuisé leurs possibilités d’appels de leurs condamnations et ils n’ont aucun lien avec notre pays », expliquait la ministre Turtelboom. Deux des détenus se trouvaient à la prison de Tilburg, les trois autres à Bruges, Wortel et Andenne.

La ministre de la Justice s’est dit satisfaite de la mesure et a remercié son homologue marocain, l’Office des étrangers, la police fédérale et la direction générale des établissements pénitentiaires. La Belgique avait transmis dix dossiers aux autorités marocaines, mais ces dernières n’ont donné leur accord que pour le retour de six détenus.

D’autres transfèrements de détenus depuis la Belgique devraient encore avoir lieu. Six pays européens ont également marqué leur accord pour reprendre des compatriotes qui doivent terminer de purger leur peine.