L’ambassadeur de Syrie persona non grata

Le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR) a précisé ce mardi soir que l’ambassadeur syrien à Bruxelles et ses deux collaborateurs ne devront quitter le territoire belge que si l’Union européenne - auprès de laquelle l’ambassadeur est aussi accrédité - adopte une mesure identique. La sanction fait suite au massacre de Houla, qui a entraîné vendredi la mort de 108 personnes.

La décision de déclarer l’ambassadeur de Syrie à Bruxelles et ses deux collaborateurs « personae non gratae » en Belgique a été prise mardi par le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders en collaboration avec le Premier ministre Elio Di Rupo (PS). Elle fait office de représailles au massacre perpétré à Houla (centre de la Syrie) et qui a fait 108 morts, dont 49 enfants (photo).

Dans une déclaration adoptée à l’unanimité après une réunion d’urgence à New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU - Chine et Russie comprises - ont déjà dénoncé « une série de bombardements par les tanks et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel ». Ce mardi, plusieurs pays de l’Union européenne, ainsi que le Canada et les Etats-Unis, ont décidé d’expulser leur ambassadeur de Syrie.

Si la Belgique ne s’est pas inscrite plus tôt dans cette dynamique, c’est parce que son ambassadeur syrien à Bruxelles est aussi accrédité auprès de l’Union européenne. Le ministre des Affaires Etrangères Reynders a donc souhaité prendre connaissance de l’attitude européenne avant de prendre position pour la Belgique. L’ambassadeur et ses deux collaborateurs ne devront donc quitter le territoire belge que si l’Union européenne adopte une mesure identique.
 

Une action internationale pour stopper la violence ?

Selon le chef de la diplomatie belge (photo), la situation actuelle en Syrie pose chaque jour « avec plus d’acuité » la question de la présence en Europe, et notamment en Belgique, de représentants diplomatiques du régime syrien. Pour Didier Reynders, le massacre de Houla « prouve une fois de plus la nécessité d’une action de la communauté internationale pour que la violence cesse en Syrie. Ses auteurs doivent être arrêtés et jugés ».

Le ministre estime cependant qu’il manque une « base dans la communauté internationale, y compris dans le monde arabe, pour une intervention militaire ». Il n’exclut cependant pas l’idée d’une présence militaire sous une autre forme.

« Il doit être possible de penser à une présence militaire, comportant des zones de sécurité et une force de paix qui garantirait la sécurité des observateurs internationaux, protégerait l’apport d’aide humanitaire, et veillerait au respect du cessez-le-feu. Un consensus en ce sens, incluant la Russie et la Chine, devrait pouvoir être construit autour du plan Annan », ajoutait Reynders. Pas d’intervention comme en Libye, selon le chef de la diplomatie belge, mais une présence de militaires sur le terrain.