Permis d’environnement pour Uplace

La ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V) a approuvé ce mercredi l’octroi d’un permis d’environnement aux promoteurs du grand centre commercial et de bureaux planifié pour Machelen, en Brabant flamand. La ministre y assortit néanmoins des conditions financières et de mobilité. Plusieurs associations et communes ont déjà annoncé qu’elles introduiront un recours au Conseil d’Etat contre le permis.

Le grand complexe de magasins et bureaux Uplace prévu par l’entreprise de l’homme d’affaire flamand Bart Verhaeghe pour la commune brabançonne de Machelen, non loin du viaduc de Vilvorde, soulève de longue date la controverse et divise jusqu’aux partis politiques flamands. Des communes avoisinantes, plusieurs associations de commerçants de Vilvorde et Louvain notamment (qui craignent de perdre des clients), la fédération patronale Unizo et des associations de protection de l’environnement s’insurgent contre le projet aux dimensions encore inégalées en Belgique.

Les organisations environnementalistes critiquent avant tout les conséquences désastreuses que l’ouverture du complexe commercial pourraient avoir sur la circulation routière sur le Ring de Bruxelles et ses alentours. Alors que l’organisation des automobilistes Touring évalue que les embouteillages sur le Ring de Bruxelles devraient s’allonger quotidiennement de 4 kilomètres après l’ouverture du centre commercial géant, les associations de défense de l’environnement soulignent que la circulation routière engendrera une pollution accrue.

La ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V, photo) a cependant approuvé ce mercredi après-midi l’octroi d’un permis environnemental aux promoteurs de Uplace. « Je n’ai pas pris ma décision en une nuit », commentait la ministre.

« Je l’ai prise sur base de tous les éléments objectifs et des rapports et avis que j’ai reçu. En tenant compte de toutes les analyses objectives, comme le rapport sur les effets du projet sur l’environnement, et de plusieurs avis j’ai décidé d’accorder le permis environnemental à Uplace. J’ai tenté de faire abstraction de toutes les émotions, pour prendre la bonne décision », commentait Joke Schauvliege. Elle nie avoir reçu un avis négatif de sa propre administration et affirme que l’administration Environnement, Nature et Energie avait effectivement reçu un avis positif.

La ministre lie cependant l’octroi du permis à plusieurs conditions. L’exploitant du complexe à Machelen devra ainsi assumer une partie des coûts (12 millions d’euros plus précisément) liés à l’accessibilité du site et doit s’engager à accroître la mobilité et les transports en commun vers le futur complexe.

Les politiques partagés

La ministre Schauvliege estime que l’entièreté du gouvernement flamand soutient sa décision. « Le gouvernement flamand m’a chargée de prendre la décision ». Mais au sein même de ce gouvernement, les divergences d’opinion sont rapidement apparues. La vice-présidente Ingrid Lieten, membre du parti socialiste SP.A, qualifie ainsi la décision d’incompréhensible. « Il s’agit d’une décision personnelle de la ministre Schauvliege, pas d’une décision du gouvernement. Compte tenu de tous les avis négatifs, je ne comprends pas cette décision ».

Le président du SP.A., Bruno Tobback (photo), a déclaré craindre des années de procédures juridiques et s’attendait à un autre choix de la ministre de l’Environnement. « Il y avait une longue liste d’avis négatifs des acteurs concernés. Au moins quelques-uns d’entre eux iront en recours de la décision ».

Même dans les rangs du CD&V, le parti de la ministre concernée, certains n’ont pas caché leur déception. Le bourgmestre de Vilvorde, Marc Van Asch, a ainsi précisé que sa commune introduira un recours au Conseil d’Etat.

A l’opposé, le président du parti libéral Open VLD, Alexander De Croo (photo), juge positif l’octroi d’un permis environnemental à Uplace. Il propose de résoudre les problèmes de mobilité qui seront liés à l’ouverture du complexe, afin de ne pas limiter la liberté d’entreprise en Flandre.

L’organisation patronale flamande Voka estime pour sa part que l’octroi du permis environnemental est « un signal positif » pour ceux qui veulent faire de grands investissements en Flandre. Quant au promoteur du projet, Bart Verhaeghe, il s’est dit ravi de l’octroi du permis environnemental. « Nous attendons avec enthousiasme et confiance la réalisation du projet. Au courant de l’année 2013 nous entamerons les travaux ».

Alors que la province du Brabant flamand avait refusé en septembre 2011 d’accorder un permis environnemental pour le complexe, le gouvernement flamand avait accordé fin octobre dernier un permis de bâtir pour le complexe de magasins et bureaux.