Une affaire de niqab sème le trouble

Le contrôle et l'arrestation d'une femme en niqab a conduit jeudi soir à des troubles dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean, devant le commissariat de police de la rue du Facteur. Vers 21h30, un calme relatif était de retour dans le quartier.

Le contrôle s'est déroulé jeudi en début d'après-midi à Jette, selon le porte-parole de la police. "Deux agents en civil ont aperçu la femme assise à un arrêt de tram et lui ont demandé ses papiers d'identité ainsi que d'enlever son foulard. Comme elle refusait d'obtempérer, elle a été emmenée au commissariat. En chemin, elle a tenté de donner un coup de tête à l'un des deux agents, une femme. Arrivée au commissariat, elle a refusé de collaborer."

Une échauffourée s'en est suivie au cours de laquelle tant la porteuse de niqab que deux policières ont été blessées, précise le commissaire Berckmans. "Finalement, le foulard de la dame a été retiré et elle a été transportée avec une légère commotion cérébrale à l'hôpital. Le parquet de Bruxelles a été prévenu et a décidé de la laisser libre pour être entendue ultérieurement."

Dans le courant de l'après-midi, des SMS ont circulé appelant à un rassemblement devant le commissariat. Un groupe de personnes a tenté d'investir le bâtiment, mais en vain. Le bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux (photo), et le chef de corps de la police de Bruxelles-Ouest ont dû se rendre sur place pour raisonner la foule. Vers 21h30, seuls quelques petits groupes de jeunes subsistaient encore dans les rues de la commune.

Selon le parquet de Bruxelles, un mineur et un majeur ont été interpellés dans la soirée. Les suspects ont été reconnus par des policiers et le mineur a été vu en train de lancer un pavé. Tous deux ont été mis à la disposition du parquet.

La femme contrôlée pour son port de niqab s'est plainte de douleurs à la tête et a été soignée. Elle a été relaxée et sera entendue ultérieurement par la police. Un PV pour port de niqab a été dressé à son encontre et un autre pour rébellion. La femme est déjà connue pour avoir été contrôlée à plusieurs reprises pour les mêmes motifs.