Milquet dénonce "les propos hallucinants" de Sharia4Belgium

La ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (CDH, photo) a promis samedi des suites judiciaires après les "propos hallucinants" tenus lors de la manifestation et la conférence de presse de Sharia4Belgium consécutives à l'interpellation mouvementée d'une femme portant le voile intégral, jeudi, à Molenbeek.

"Au-delà des actes inadmissibles, les propos hallucinants tenus lors de la manifestation, et surtout lors de la conférence de presse et dans la vidéo, sont inacceptables et profondément condamnables", a réagi Joëlle Milquet par voie communiqué, sans citer nommément Sharia4Belgium.

"Les autorités du pays ne laisseront pas ces propos sans suite et la justice fait son travail", assure-t-elle.

Selon la ministre, ces événements illustrent l'importance de renforcer la lutte contre le radicalisme en Belgique. A cet effet, un "plan concret" sera déposé "durant le mois de juin" au comité ministériel du renseignement et de la sécurité.

Celui-ci abordera cette lutte de manière transversale, tant en matière de prévention que de renforcement des effectifs, d'initiatives opérationnelles, de coordination et d'adaptation du cadre légal.

"Le radicalisme est l'ennemi des valeurs démocratiques de liberté de choix, de respect de l'autre et de sa différence, d'égalité entre les sexes et les personnes et il nourrit le racisme et la xénophobie, autres ennemis d'une société moderne et humaniste", souligne la ministre.

Respect des règles de l'Etat de droit

Revenant sur les "débordements inacceptables" de jeudi soir à Molenbeek, celle-ci a tenu à souligner "l'efficacité et la coopération optimale" entre les forces de police, ce qui a permis un "déploiement immédiat d'effectifs nombreux et renforcés; cinq pelotons, une arroseuse, une autopompe et un hélicoptère", fait-elle valoir.

"Ce dispositif légitime et ferme démontre l'importance que les autorités accordent au respect des règles de l'Etat de droit dans notre pays et la non-tolérance à l'égard des actes qui se sont déroulés", assure Mme Milquet.

Pas d'amalgame

Joëlle Milquet a toutefois tenu à mettre en garde contre tout "amalgame" entre un nombre limité d'islamistes radicaux et le reste de la population de confession musulmane "qui n'a rien à voir avec eux et qui mérite le respect", insiste la ministre.

"Ces incidents ne peuvent nourrir à l'égard de ces personnes un discours de rejet. Nous devons avoir la même fermeté et la même force pour lutter contre ces deux ennemis de la démocratie que sont tant le radicalisme que le racisme", conclut son communiqué.