"La Belgique se porte bien au sein de l’UE"

L’économie belge se porte mieux que la moyenne européenne. Selon le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), notre pays connaîtra cette année une légère croissance de 0,6% et l’inflation diminuera pour atteindre la moyenne européenne. La plupart des économies européennes seraient en décroissance cette année.

Le PIB belge devrait croître de 0,6% cette année et de 1,4% en 2013, ce qui permettrait à notre pays d'afficher une croissance légèrement supérieure à celle de la zone euro. Une croissance modérée qui ne permettra toutefois pas de faire baisser le chômage en 2012 et 2013, selon les prévisions économiques de printemps de la BNB.

La croissance de 0,6% désormais attendue pour cette année pour l'économie belge est légèrement plus favorable que la croissance nulle (-0,1%) qui était encore annoncée il y a quelques mois. "Mais l'amélioration du chiffre pour 2012 est plutôt due au passé, notamment aux résultats du premier trimestre 2012 et du quatrième trimestre 2011, et non à l'avenir", a nuancé le gouverneur de la BNB, Luc Coene, lors d'une conférence de presse.

Selon le gouverneur, la relative bonne tenue de l'économie belge, par rapport à certains de ses voisins européens, est due en partie à la vigueur de l'économie allemande mais pas seulement. "Le gouvernement a tracé une ligne budgétaire claire jusqu'en 2015 et pour la première étape, on est là où l'on devait être. On devra intensifier les mesures mais nous n'avons pas eu les excès que d'autres pays ont connus."

La faible croissance attendue en 2012 et 2013 ne devrait toutefois pas permettre un recul du chômage. Les créations nettes d'emplois n'atteindraient que 3.300 emplois en cours d'année 2012 et un peu plus de 27.000 en 2013. Compte tenu de l'augmentation du nombre de personnes qui se présentent sur le marché du travail, le taux de chômage devrait passer de 7,2% en 2011, à 7,5% en 2012 et 7,7% en 2013.

Parmi les bonnes nouvelles, la BNB s'attend à une baisse de l'inflation qui pourrait même passer en 2013 sous la moyenne de la zone euro. Les prévisions font état d'un taux d'inflation de 2,6% cette année et de 1,5% en 2013.

La BNB prévoit également que le gouvernement atteindra son objectif d'un déficit public à 2,8% du PIB en 2012. Mais un effort "soutenu et continu" restera nécessaire en 2013, sous peine de voir le déficit se creuser à nouveau, à 3,1% du PIB en 2013, alors que l'objectif du Programme de stabilité est un déficit de 2,2% du PIB. "L'effort à faire correspond à 0,9% du PIB avec des mesures nouvelles", a souligné M. Coene.

La dette publique augmentera quant à elle de manière significative en 2012, en raison du plan de sauvetage à la Grèce et de la participation de la Belgique au Mécanisme européen de stabilité (MES), pour atteindre 98,9% du PIB. En 2013, la dette publique belge s'élèverait à 99,2% du PIB.

L’Espagne pas comparable à la Belgique

La situation de l'Espagne, dont le secteur bancaire va bénéficier d'un plan d'aide européen de maximum 100 milliards d'euros, n'est pas comparable à celle de la Belgique, a déclaré Luc Coene.

Interrogé sur la situation de la Belgique, qui a apporté sa garantie dans le cadre du démantèlement de Dexia, par rapport à celle de l'Espagne, dont le secteur bancaire traverse une grave crise, le gouverneur de la BNB a estimé que la comparaison n'a pas du tout lieu d'être. "La grande différence, c'est qu'il n'y a pas en Belgique de bulle spéculative immobilière comme en Espagne", a-t-il déclaré.

"Les actifs de Dexia ne sont pas à risques mais à échéance extrêmement longue" et sont difficiles à financer dans les conditions de marché actuelles, d'où la nécessité d'une garantie d'Etat, a rappelé en substance le gouverneur.