Enquête sur le piratage bancaire en ligne

Deux ressortissants russes et deux Polonais qui résidaient en Belgique ont été arrêtés parce qu’ils facilitaient le piratage des sites internet de banques. Les quatre suspects permettaient à une organisation criminelle internationale d’utiliser leurs comptes en banque. Le montant total de la fraude est estimé à plus de 3 millions d’euros.

L’organisation internationale de pirates était parvenue à introduire un logiciel malveillant sur le disque dur des ordinateurs de clients de diverses banques, afin de leur dérober des données confidentielles pendant qu’ils effectuent des opérations bancaires via l’internet. Ces données récoltées étaient alors utilisées pour accéder aux comptes en banque des clients dupés et retirer de l’argent de ces comptes.

L’argent était ensuite versé sur d’autres comptes en banque appartenant à des « mules » - comme les deux Polonais et deux Russes arrêtés -, qui transféraient alors les fonds vers la Russie et l’Ukraine, via des circuits de transfert d’argent comme Moneytrans ou Western Union. Une fois arrivé en Russie ou Ukraine, cet argent volé était blanchi via des cartes de débit ou de crédit. Les mules empochaient environ 5 à 10% des sommes dérobées.

L’organisation criminelle avait effectué des tests en 2011, en tentant plusieurs fois d’obtenir accès à des comptes en banque, puis en dérobant de petites sommes d’argent. Au début de cette année, l’organisation de piratage est passée à une vitesse supérieure, en effectuant des virements bien plus nombreux et importants depuis des comptes en banque piratés.

Les pirates se sont avant tout concentrés sur 5 grandes banques belges. Dans l’une d’entre elles, quelque 7.500 clients auraient été victimes de hacking entre début janvier et début juin, pour un somme totale de 1.836.130 euros. Une deuxième banque a vu 4.900 de ses clients tomber dans les filets des pirates et une somme totale de 1.496.012 euros transférée.

Etant donné l’ampleur que prend ce piratage bancaire, le parquet fédéral a lancé une enquête d’envergure, qui a donc déjà permis d’arrêter quatre mules. « Leur arrestation est certainement importante », affirme Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral. « Sans ce type de fraudeurs, une organisation criminelle ne parvient tout simplement pas à atteindre son but ». Les quatre suspects arrêtés risquent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.