"Six centrales sur sept doivent fermer"

Le comité ministériel entame ce mercredi les discussions sur le plan des centrales nucléaire présenté par le secrétaire d’Etat à l’Energie, Melchior Wathelet (cdH). Aux yeux du vice-premier ministre Johan Vande Lanotte (SP.A), il est important que six des sept centrales ferment leurs portes. Le report de la fermeture de Tihange I constitue selon lui un point de discussion.

Le plan que présente M. Wathelet (photo) prévoit notamment la fermeture de Doel I et II en 2016 et la prolongation de Tihange I jusqu'en 2025.

Alors qu'au SP.A, certains ont descendu en flèche ce plan qui prévoit notamment le prolongement du réacteur de Tihange 1 jusqu'en 2025, le vice-premier ministre Johan Vande Lanotte s'est voulu constructif.

"Il s'agit du premier plan concret organisant la sortie du nucléaire" depuis la loi de 2003, a fait observer le chef de file SP.A au gouvernement fédéral. Six des sept réacteurs seront fermés conformément à cette loi, a-t-il poursuivi.

Le plan prévoit une prolongation de dix ans de Tihange I. Il faudra en discuter sur base non seulement des rapports de la CREG et de l'administration mais également d'Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, selon qui une fermeture totale des centrales nucléaires pourrait entraîner un "black-out", a indiqué M. Vande Lanotte. "Je ne veux courir aucun risque", a-t-il dit.

"Il faut protéger le consommateur"

Le vice-premier SP.A est d'avis que dans l'hypothèse de la prolongation de Tihange 1, il faudra veiller à protéger le consommateur, notamment en prévoyant une mise à disposition en vue d'influer à la baisse sur les prix. A cet égard, le plan de Melchior Wathelet apparaît "limité", a dit Johan Vande Lanotte (photo).

Interrogé sur les ondes de Radio 1 (VRT), le député flamand SP.A Bart Martens a souligné que son parti veut le maintien du calendrier tel qu'il existe et ne croit pas à l'utilité du maintien en activité de vieilles centrales. "L'énergie nucléaire est opposée à l'énergie verte. Ces deux types de production ne collaborent pas", dit M. Martens qui ajoute toutefois qu'il suppose que "le plan Wathelet n'est pas à prendre ou à laisser".

Pour les socialistes flamands, la Belgique ne doit pas produire elle-même toute son électricité. "Nous pouvons acheter de l'électricité chez nos voisins et cette électricité est même souvent beaucoup moins chère que celle produite chez nous".

Le CD&V prudent, le PS pour une sortie travaillée

Les représentants du parti chrétien-démocrate flamand ont affiché une certaine discrétion à leur arrivée au 16 Rue de la Loi. Il faut veiller à ce que "les prix de l'énergie soient sous contrôle", a indiqué le ministre-président flamand Kris Peeters alors que le vice-premier ministre fédéral Steven Vanackere se refusait à tout commentaire.

Présent pour la réunion du Comité de concertation, le vice-président du gouvernement wallon Jean-Marc Nollet a pour sa part appelé Melchior Wathelet à réunir l'ensemble des ministres de l'Energie du pays afin d'échanger des éléments chiffrés. Le ministre écologiste qualifie le prolongement de Tihange 1 d'"inutile" et "dangereux". Il n'y a "pas de compromis", le gouvernement fédéral s'est "mis à genoux", pour "faire plaisir à Electrabel", pour une question de "dividendes", a-t-il souligné.

Au PS, on fait valoir que le plan proposé par Melchior Wathelet n'est "pas à prendre ou à laisser". Il va falloir en étudier "les modalités", examiner s'il répond à des "critères objectifs", a dit Laurette Onkelinx (photo). La vice-première ministre souhaite avoir "la certitude qu'on s'inscrit bien dans la sortie du nucléaire, qu'on travaille parallèlement sur les énergies renouvelables". Il faut également, a-t-elle dit, "qu'il y ait pour le consommateur la certitude que les prix n'augmenteront pas". Il y a encore "beaucoup de travail", a lancé la ministre socialiste.

A son arrivée, Melchior Wathelet s'est montré volontariste. "Je vais défendre mon plan", a-t-il dit.