Protestations contre l’expulsion de Parwais Sangari

Une action de protestation a été organisée ce lundi matin devant le cabinet (photo principale) de la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD), pour contester le renvoi anticipé du jeune Afghan de 20 ans vers son pays d’origine. Sa famille d’accueil belge affirme que les jours du jeune homme bien intégré en Flandre sont en danger en Afghanistan.

Parwais Sangari (photo) était arrivé en Belgique en 2008, après que son père ait été assassiné en Afghanistan et leur maison incendiée. Il a appris le néerlandais, a trouvé une famille à Boechout (province anversoise) prête à l’accueillir et suivait avec succès une formation professionnelle.

Quatre ans après son arrivée, il a épuisé tous les recours possibles pour obtenir le statut de réfugié en Belgique, y compris une procédure en appel au Conseil du Contentieux des Etrangers, ainsi qu’une procédure d’urgence devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, qui ne lui ont pas donné gain de cause.

La Secrétaire d’Etat Maggie De Block n’a voulu faire aucune exception pour le jeune Afghan bien intégré, alors qu’elle en avait fait une il y a quelques mois par exemple pour le Camerounais Scott Manyo (19 ans), qui a finalement été autorisé in extremis à terminer ses études en Belgique. Ce lundi matin, Parwais Sangari a donc été expulsé depuis l’aéroport de Zaventem.

Le jeune Afghan a quitté le territoire belge à bord d’un avion à destination d’Amsterdam, aux Pays-Bas. Il devait ensuite prendre un autre vol pour atteindre sa destination finale, Kaboul, en Afghanistan. Selon l’Office des Etrangers, le départ de Parwais Sangari s’est déroulé sans incident.

Vague d’indignation

Une action de soutien pour le jeune Afghan, placée sur le réseau social Facebook, a remporté tout récemment un vif succès. En 48 heures, 7.000 personnes s’étaient ainsi exprimées en faveur d’une régularisation de son statut en Belgique.

Ce lundi matin, une dizaine de personnes se sont rendues devant le cabinet de la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block, pour y protester contre l’expulsion du jeune Afghan. L’action était organisée par les Jeunes socialistes flamands. Un parlementaire et un acteur flamands y ont notamment pris part.

Une autre action de protestation a eu lieu ce lundi à l’aube à l’aéroport de Zaventem, d’où Parwais Sangari a été expulsé. Les manifestants voulaient faire pression sur la compagnie aérienne qui effectuait le vol jusqu’à Amsterdam. La famille belge qui voudrait accueillir le jeune homme a également distribué des tracts aux passagers de ce vol, en leur demandant de s’opposer dans l’avion au rapatriement de Sangari. Il semble cependant que le vol se soit déroulé normalement.

Ce lundi matin, dans l’émission radio « De Ochtend » de la VRT, l’un des manifestants qualifiait l’expulsion de « déportation ». « Je ne sais pas comment on peut qualifier autrement le fait que des personnes, qui se sont construit une vie ici et qui risquent de se faire assassiner dans leur patrie, soit rapatriées sous escorte de police. Cela me fait penser aux années 1930 ».

De Block s’associe au projet Erpum

Dans le prolongement de l’affaire Sangari, la Secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la Migration (photo) a déclaré au quotidien flamand De Standaard qu’elle souhaitait renvoyer les jeunes demandeurs d’asile plus rapidement dans leur pays d’origine. Elle veut pour ce faire se rattacher au projet Erpum, la Plate-forme européenne pour le retour des mineurs d’âge non accompagnés. Ce projet a vu le jour en janvier 2011, en raison du nombre croissant d’enfants demandeurs d’asile en Europe.

L’organisation a été créée au Royaume Uni et reçoit des subsides européens. La Norvège, la Suède et les Pays-Bas en font également partie. Erpum tente de renvoyer dans leur pays d’origine des adolescents âgés de 16 ou 17 ans qui ne peuvent obtenir l’asile en Europe et ont encore des liens avec leur patrie.

L’Unicef et le Conseil européen pour les Réfugiés et Exilés (ECRE) ont déjà exprimé de vives critiques à l’encontre du projet Erpum.