"Un rôle plus important pour la Flandre en Europe"

A la veille de la Fête de la Communauté flamande du 11 juillet, le ministre-président Kris Peeters (CD&V, photo) a estimé que ce sont trop souvent des ministres et diplomates fédéraux qui négocient pour la Flandre lors de réunions de représentants de l’Union européenne. Mais son idée suscite des critiques du ministre Reynders.

La représentation belge à l’échelle européenne est régie pour des accords déterminant qui du fédéral ou des entités fédérées - parfois les deux ensemble - assiste à telle ou telle réunion de représentants de l’Union européenne. Mais la Flandre est entretemps devenue une entité fédérée « adulte », estime son ministre-président Kris Peeters. « Elle doit donc siéger plus souvent à la table de négociation européenne. Nous devons aussi pouvoir exercer entièrement nos compétences au niveau européen ».

Et d’ajouter que, selon lui, « les accords de coopération de 1994 sur la représentation au niveau européen sont dépassés depuis la récente réforme d’Etat ». Dans son discours à la veille de la Fête de la Communauté flamande, le ministre-président a donc plaidé pour une redistribution des attributions.

Le chef de l’exécutif flamand reconnaît que sa Région a régulièrement son mot à dire en matière d’environnement, d’enseignement ou de pêche, « mais ce n’est pas suffisant. Il faut en finir avec ces compétences usurpées au niveau européen ». Kris Peeters veut notamment que la Flandre ait voix au chapitre en matière de transports et de finances.

La redistribution des compétences est du ressort de la conférence interministérielle Politique Etrangère, mais selon Kris Peeters le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR) refuserait de rassembler cette commission.

Reynders : "La question de Peeters n’est pas opportune"

Interrogé dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, ce mardi matin, le ministre des Affaires Etrangères (photo) a réagi de façon très critique aux revendications de Kris Peeters.

Selon Didier Reynders, la question du ministre-président flamand n’est pas à l’ordre du jour. « Si je regarde les autres pays membres de l’Union, je constate qu’aucune région n’y est représentée séparément ». Et de poursuivre que « le gouvernement flamand doit d’abord résoudre ses propres problèmes avant d’exiger de jouer un plus grand rôle sur la scène européenne ».

Le ministre fédéral n’exclut pas une révision de la répartition des tâches après la sixième réforme d’Etat, mais à condition que les Régions payent alors une partie des dotations à l’Union européenne. Selon Kris Peeters, une participation flamande au financement de l’Europe ne poserait pas de problème. « L’Europe est financée par la TVA. Si la compétence était transférée à notre niveau, nous pourrions résoudre le financement de la même façon ».

Bart De Wever critique le gouvernement flamand

Dans son discours à la veille du 11 juillet, qu’il tenait ce lundi soir à Bruxelles, le président du parti nationaliste flamand (photo) a sévèrement critiqué la coalition flamande, dont la N-VA fait pourtant partie.

« Il n’y a pas que la Belgique qui possède une multitude de niveaux de gestion et un appareil de gouvernement trop grand. La Flandre souffre de la même maladie. La multitude de règles qui en découle crée un réseau complexe de règlements et de permis qui se chevauchent souvent, ce qui freine l’esprit d’entreprise des Flamands », estimait Bart De Wever.

« La difficulté de s’en tenir à ce qui a été décidé, la pression administrative et l’excès de règlementation crée l’insécurité juridique qui barre la route à la libre initiative et à l’émancipation du Flamand », déplorait encore le président de la N-VA. Selon lui, la Flandre n’est plus au sommet en raison de ses faiblesse internes, mais aussi par la faute d’un système belge surtout fondé sur la sauvegarde des droits acquis.