Des pédophiles belges sur internet débusqués

Le collectif de hackers Anonymous a publié ces derniers jours environ 500 adresses e-mail et IP (Internet Protocol) de personnes qui auraient été actives sur des sites pédophiles. Plusieurs dizaines d’adresses proviendraient de Belgique, rapportent le quotidien flamand Het Nieuwsblad. Dans certains cas, des numéros de téléphone et adresses postales sont même mentionnés. La fondation belge Child Focus met en garde contre ce type de pratique.

« Nous, les Anonymous, avons pour but de réduire, voire même d’éliminer ce fléau sur l’internet ». Voilà le message que le collectif de hackers a placé en vidéo sur le site YouTube. « Vous êtes aussi Anonyme, vous pouvez donc vous révolter et aider. Pour le bien-être de nos descendants, pour le bien-être de l’humanité et pour notre propre plaisir, nous allons chasser de l’internet et détruire systématiquement ces forums », précise le message d’Anonymous.

Le collectif déclare donc la guerre aux sites de chat pédophiles. Les données publiées ces derniers jours par Anonymous - environ 500 adresses e-mail et IP, dont des dizaines proviendraient de Belgique - sont actuellement étudiées par la Federal Computer Crime Unit, le service belge de police spécialisé dans l’analyse de systèmes informatiques et de télécommunication qui lutte notamment contre la criminalité ICT (technologies de l’information et de la communication).

La police fédérale a rédigé un procès-verbal. Il reviendra maintenant au parquet d’analyser si les personnes fichées par Anonymous ont réellement commis des faits punissables. Le parquet va aussi analyser si le collectif de hackers avait le droit de publier tout simplement la liste d’adresses.

"Ce n’est pas dans l’intérêt des enfants"

La Fondation pour les enfants disparus et sexuellement exploités, Child Focus, n’approuve pas l’initiative du collectif Anonymous. « Dans l’intérêt des enfants, nous devons éviter toute récidive des pédophiles. Pour cela, il ne faut pas que des sanctions, mais aussi un traitement et un contrôle », affirme le porte-parole de Child Focus, Dirk Depover.

« Si vous clouer quelqu’un au pilori, ce genre de procédure devient totalement impossible. Le résultat en est alors qu’il y a davantage de récidives et de méfaits commis ».

La Fondation rappelle que "si des choses illégales se produisent sur des sites de chat, c'est uniquement à la police d'agir".