Parwais Sangari reçu par l’ambassadeur belge à Kaboul

Le jeune Afghan de 20 ans (photo) expulsé lundi depuis l’aéroport de Zaventem a pu s’entretenir ce mercredi matin avec l’ambassadeur belge Michel Latschenko, qui s’est engagé à l’aider dans la mesure du possible pour qu’il puisse obtenir des papiers officiels en ordre à Kaboul. Sangari n’avait pas reçu de passeport en Belgique. Entretemps, le jeune demandeur d’asile débouté est hébergé par une tante à Kaboul.

Arrivé en avion à Kaboul mardi matin, à la suite de son expulsion de la Belgique, le jeune Afghan Parwais Sangari n’y a pas été accueilli par son oncle - un argument utilisé par les autorités belges pour justifier, notamment, son renvoi en Afghanistan -, ce dernier ayant été envoyé pour raisons professionnelles dans une autre ville. In extremis, le jeune homme a pu obtenir d’être hébergé par sa tante pour une nuit, celle-ci craignant des problèmes si les meurtriers du père de Parwais apprenaient le retour au pays de ce dernier.

Sans beaucoup d’argent, sans autres parents à Kaboul, sans passeport ni papiers remis par la Belgique pour lui permettre de s’identifier ou de réserver une chambre d’hôtel, Parwais Sangari avouait mardi soir aux journalistes de la VRT qui étaient parvenus à le joindre par téléphone qu’il ne s’avait quoi faire, ni ce qui allait lui arriver. « Je ne me sens pas en sécurité à Kaboul », confiait le jeune homme.

Entretemps, Sangari est parvenu à obtenir un entretien, ce mercredi matin, avec l’ambassadeur de la Belgique à Kaboul. Ce dernier s’est engagé à transmettre le plus rapidement possible les documents nécessaires aux autorités locales, afin que le jeune Afghan puisse bénéficier rapidement de papiers officiels en ordre. D’après le ministre belge des Affaires Etrangères, il s’agit là du principal problème rencontré par le jeune homme.

L’ambassade à Kaboul est disposée à entreprendre les démarches appropriées pour transmettre depuis Bruxelles les documents nécessaires aux autorités afghanes. « Nous sommes ouverts à toute solution pratique à ses problèmes administratifs, dans la mesure de nos compétences », déclarait-on aux Affaires Etrangères, tout en laissant cependant entendre que la marge de manœuvre de l’ambassade est limitée.

Parwais Sangari aurait aussi obtenu de pouvoir passer une autre nuit chez sa tante, à Kaboul.

"Ramenez Parwais en Belgique"

Une quarantaine de personnes (photo) ont à nouveau mené une action de protestation ce mercredi devant le cabinet de la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block. Elles exigeaient le retour en Belgique de Parwais Sangari et voulaient remettre à Maggie De Block un billet d’avion aller-retour pour Kaboul conditionné par le fait qu’elle ramène le jeune Afghan en Belgique. Mais la Secrétaire d’Etat n’était pas là.

"Maggie De Block a fait expulser Parwais vers l'Afghanistan alors que ce pays est le plus dangereux au monde après la Somalie. Il n'y connaît plus personne, alors qu'en Belgique il a des parents d'accueil, une amie et un emploi de soudeur. Il parle le néerlandais. On lui prend sa vie d'ici pour l'envoyer dans un lieu où il n'en aura aucune", a indiqué Bleri Lleshi, organisateur de l'action et activiste des droits de l'homme. Selon lui, Sangari est le visage de tous les immigrés qui sont victimes d'une politique d'asile "injuste et inhumaine".

Parwais Sangari était arrivé en Belgique en 2008, après l'assassinat de son père en Afghanistan et l’incendie de leur maison. Il avait épuisé tous les recours pour obtenir le statut de réfugié et a donc été expulsé.