Une bactérie multirésistante s’installe en Belgique

Depuis le début de cette année, 206 cas d’infection à l’entérobactérie productrice de carbapénémase (CPE) ont été confirmés. C’est plus que pour toute l’année 2011, indique le ministère belge de la Santé publique. La bactérie résiste à divers antibiotiques et est avant tout dangereuse pour des personnes affaiblies.

Les entérobactéries, qui comprennent également les bactéries CPE, se trouvent naturellement dans l’intestin. Elles sont responsables de l’équilibre de la flore intestinale, ainsi que de la production de certaines vitamines.

« Etre porteur de bactéries CPE n’est pas dangereux en soi pour les personnes en bonne santé », précise Béatrice Jans de l’Institut scientifique de Santé publique. « Un porteur de CPE ne présente aucun symptôme et, généralement, il ne sait même pas qu’il porte la bactérie. Le plus souvent, elle disparaît d’ailleurs spontanément après plusieurs mois ».

Les bactéries CPE peuvent par contre constituer un problème pour les personnes de santé faible, en raison des infections que ces dernières peuvent contracter, par exemple aux voies urinaires ou respiratoires. La plupart des infections se produisent donc dans les services d’hôpitaux où l’état des patients nécessite de nombreux soins.

Les infections aux bactéries CPE sont particulièrement difficiles à traiter, parce qu’elles se montrent souvent résistantes à un certain nombre d’antibiotiques. Ceci réduit nettement la gamme d’antibiotiques qui peuvent être utilisés pour guérir l’infection bactériale.

Les bactéries CPE sont d’abord apparues dans des pays en-dehors de l’Europe, comme l’Inde et le Pakistan. Jusqu’il y a peu, ces bactéries multirésistantes n’étaient rencontrées que très sporadiquement en Belgique, et toujours chez des patients qui avaient été transférés d’un hôpital d’un pays à risque. Mais la bactérie est maintenant en train de s’incruster en Belgique. Plus de cas ont en effet déjà été confirmés depuis le début de cette année que pour l’ensemble de 2011. Au total, 206 cas ont été recensés depuis janvier dernier.

En Flandre, plusieurs cas ont été rapportés dans deux hôpitaux ces derniers mois. La situation est cependant endiguée à Anvers et en Flandre orientale tout est mis en œuvre pour empêcher des contagions futures. Les patients infectés sont ainsi isolés, précise le Dr Dirk Wildemeersch de l’Agence flamande de la Santé. Une mesure d’hygiène générale est de se laver souvent les mains, et pas seulement dans les hôpitaux.