250 euros d’amende pour sexisme en rue

La Ville de Bruxelles va imposer des amendes administratives à toute personne qui aura importuné une femme dans la rue. L’information provient de plusieurs journaux ce samedi. L’administration communale et le parquet de Bruxelles ont conclu un accord à ce sujet à la suite de la diffusion, jeudi, sur la chaîne télévisée Canvas de la VRT, d’un reportage intitulé "Femmes de la rue" qui dénonce les agressions verbales à caractère sexiste dont sont victimes beaucoup de femmes dans les rues de certains quartiers de la capitale. La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet veut également déposer un projet de loi contre ce type de sexisme.

Le documentaire réalisé par Sofie Peeters - une étudiante à l’école d’art du spectacle et des techniques audiovisuelles Rits - a été tourné dans le quartier Anneessens à Bruxelles, un quartier animé où résident de nombreux allochtones. On y voit comment la jeune femme se fait aborder en rue ou doit subir des remarques machistes, voire des insultes, chaque fois qu’elle sort en rue. Et elle n’est pas la seule dans ce cas.

A la suite de la diffusion du reportage, les autorités de la Ville de Bruxelles et le parquet bruxellois ont décidé d’imposer des amendes de l’ordre de 250 euros aux personnes qui feront des remarques sexistes ou qui importuneront une femme en rue.

Ce jeudi, la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH, photo) avait aussi déjà réagi au reportage présenté mercredi soir dans l’émission « Terzake » (Canvas) de la VRT. Elle se disait « interpellée » par les images sur les agressions verbales à caractère sexiste et annonçait vouloir déposer à la rentrée un projet de loi visant à défendre les victimes d’agressions sexistes.

Son projet de loi aura pour but de « définir largement le concept de sexisme et, surtout, de défendre les victimes », précisait un communiqué de l’Intérieur. Joëlle Milquet estime que le sexisme est intolérable et doit être combattu de la façon la plus ferme possible. Elle demande néanmoins « d’éviter les amalgames entre sexisme, précarité et/ou population d’origine étrangère ».

Et la ministre d’ajouter : « Les remarques et injures sexistes doivent faire l’objet d’une condamnation sévère, qui rompt avec le sentiment d’impunité bien présent actuellement, à Bruxelles comme ailleurs, via notamment des sanctions administratives qui doivent devenir une des priorités de la politique de respect et de lutte contre l’incivilité dans le cadre de la future législation communale ».

Joëlle Milquet estime en outre qu’il serait « utile de continuer à renforcer l’éducation à l’égalité et au respect pour les jeunes dans les écoles ».