La criminalité organisée parle gros sous

Si l’on en croit un épais rapport que la ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open VLD) présentera bientôt au Parlement (mais que le quotidien De Tijd a déjà pu consulter), 20% de toutes les bandes criminelles examinées en Belgique gagneraient plus de 2,5 millions d’euros par an. Le rapport indique également que ces bandes sont souvent actives via des entreprises.

Un peu plus de la moitié des bandes criminelles passées au crible pour le rapport de la ministre de la Justice réalisent annuellement des gains allant de 25.000 à 2,5 millions d’euros. Certaines organisations enregistrent même annuellement des gains dépassant les 10 millions d’euros. L’étude révèle donc que la criminalité organisée réalise des affaires en or en Belgique.

Le rapport précise en outre que les bandes criminelles sont actives sur beaucoup de terrains : le trafic de drogues, l’escroquerie, la fraude à la TVA, le trafic d’êtres humains et le vol de voitures.

A noter cependant que les bandes criminelles dissimulent souvent leurs activités frauduleuses ou un blanchiment d’argent derrière des entreprises tout à fait légales. La plupart des réseaux sont actifs dans le secteur de l’import-export, mais aussi dans les secteurs de la restauration (Horeca), de la construction et du transport.

Les bandes sont constituées, en moyenne, de 9 membres. Quelque 40% des membres sont de nationalité belge. Les autres sont avant tout des Néerlandais, des Italiens, des Marocains, Roumains et Français.

Un peu moins de la moitié des bandes collaborent ou entretiennent des relations avec des organisations criminelles installées à l’étranger. Et un peu plus de la moitié des bandes sondées n’hésitent pas à recourir à la violence ou à des menaces pour intimider leurs victimes ou des membres d’autres bandes.

Le rapport repose sur les enquêtes de la police fédérale effectuées en 2007 (255 enquêtes), en 2008 (239 enquêtes) et en 2009 (avec 209 enquêtes). La fortune des bandes criminelles a été évaluée sur base de 103 dossiers judiciaires.