L’e-mail d’Herman Van Rompuy piraté

En juillet 2011, des hackers qui opéraient depuis la Chine auraient piraté les comptes e-mail du président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy (photo), ainsi que de dix autres hauts responsables européens. Des spécialistes américains de la sécurité ont repéré les cybercriminels et divulgué leur recueil de données informatiques.

Trente spécialistes américains de la sécurité ont découverts les cybercriminels qui opéraient depuis la Chine et ont suivi le groupe de pirates informatiques - connu sous les noms de « Byzantine Candor » ou « Comment Group » - pendant deux mois. Ils ont ensuite remis le recueil de données informatiques des pirates à l’agence de presse financière Bloomberg.

De ce recueil, il apparait que les cybercriminels seraient entrés sur le réseau internet du Conseil européen les 8, 11, 13 et 18 juillet 2011, chaque fois vers 9h00 du matin (heure belge). Au total, 17 comptes e-mail auraient ainsi été piratés, dont celui du président européen Herman Van Rompuy et de dix autres hauts responsables européens. Les pirates ont ainsi pu télécharger tous les messages des comptes en question, pour l’équivalent d’une semaine, y compris tous les documents se trouvant dans les e-mails.

Les spécialistes américains ont reconnus « être impressionnés » par les activités du groupe de cybercriminels. Le Conseil européen n’est en effet pas seul à en avoir été victime. La société d’exploitation pétrolière américaine Halliburton, le groupe indien ITC et un magistrat canadien (chargé du dossier d’extradition d’un ressortissant chinois) auraient aussi été la cible des pirates. Le compte e-mail de Gilles de Kerchove, le Belge qui coordonne la lutte contre le terrorisme au sein de l’Union européenne, aurait également été infiltré.

"No comment" du Conseil européen

En juillet dernier, les Etats de l’Union européenne se concertaient au plus haut niveau au sujet de la crise financière et de l’avenir de la Grèce, lourdement endettée. Ils travaillaient activement à un plan de sauvetage du pays. La question est donc de savoir si le timing du piratage des comptes e-mails de hauts responsables européens est un hasard, ou non.

Un responsable de l'Union européenne a précisé, sur le site web EUobserver.com, que le Conseil européen ne ferait pas de commentaire au sujet des cas de piratage individuels, mais que les informations sensibles ne pouvaient pas être atteintes si aisément. Celles-ci sont en effet conservées sur un ordinateur séparé, qui n’est pas relié à l’internet.