Pas de médaille pour les frères Borlée

Ni Kevin, 5-ème en 44.81, ni Jonathan Borlée, 6-ème en 44.83, n'est parvenu à offrir une 4-ème médaille à la Belgique lundi soir à l'issue de la finale olympique du 400 mètres messieurs. C'est en effet l'athlète de Grenade Kirani James, champion du monde en titre, qui a été sacré en 43.94, devant le Dominicain Luguelin Santos, 2-ème en 44.46, et le Trinidadien Lalonde Gordon, 3-ème en 44.52. Le coureur des Bahamas Chris Brown s'est classé 4-ème en 44.79.

Jonathan Borlée occupait  le couloir numéro deux et Kevin, parti au couloir neuf. Il  était dernier pour entrer dans la ligne d'arrivée, alors que le bronze était encore à la portée de son frère. Jonathan a ensuite perdu du terrain, alors que Kevin en regagnait, mais pas suffisamment pour prétendre au podium.

Les Borlée n'ont pas approché leurs meilleurs chronos sur une piste mouillée.

Sorti en tête du dernier virage, Kirani James a creusé l'écart tout au long de la ligne droite pour être finalement le seul à signer un temps inférieur à 44 secondes.

Kevin : "Je ne suis pas parti assez vite"

"Je m'en veux parce que j'aurais pu mieux courir. Je n'ai pas su faire ce qu'il fallait", expliquait Kevin Borlée, fort abattu, 5-ème en 44.81. "Je ne suis pas parti assez vite. Je sais que je pouvais faire mieux. Mais bon, c'est l'athlétisme, c'est le sport, c'est comme ça."

Auteur d'un départ difficile, Kevin Borlée est revenu très fort dans la ligne droite. "Oui, mais ce n'était pas suffisant. J'avais les sensations qu'il fallait. Je me sentais bien. Et je sais que j'aurais pu me battre devant. J'aurais dû partir plus vite, ça c'est sûr. Les 200 premiers mètres n'étaient pas bons, c'est certain aussi. Le problème, c'était le rythme. J'étais sur un mauvais rythme. Et, ça, cela ne pardonne pas sur 400 mètres. Maintenant, il faut que l'on retienne aussi qu'il y avait seulement deux européens en finale. Deux Belges. Deux jumeaux."

BELGA

Jonathan : "C’est un goût de trop peu"

"On ne peut pas dire que l'on a raté nos jeux, mais c'est un goût de trop peu", avouait Jonathan Borlée (44.83), placé au couloir 2.
"Moi, je n'ai pas à me plaindre. Je suis au couloir 2, car je me suis qualifié au temps. Mais pour Kevin, il est au couloir 9, ça c'est dommage. J'ai essayé de bien partir, mais avec ma cuisse c'était difficile."

Se ressentant d'une contracture juste avant la demi-finale la veille, Jonathan Borlée a avoué avoir été gêné. "J'ai essayé de ne pas y penser. Mais elle était là. Je ne cherche pas d'excuse. C'est en demi-finale que cela m'a perturbé. Ce n'est jamais la meilleure préparation pour démarrer une demi-finale".
Auteur d'un chrono de 44.43 samedi en série, Jonathan Borlée pensait pouvoir refaire ce temps. "Cela c'était samedi, on est lundi. Je sais que je suis capable de le refaire, je n'ai pas réussi et cette contracture m'a emm.. . Voilà. On a deux jours avant le 4x400m, je pense que ça ira. Il y a de la frustration. Nous sommes des sportifs de haut niveau. On s'entraîne dur tous les jours pour aller chercher des records et des podiums. Malheureusement, ce ne sera pas pour cette année. En individuel, en tous cas."

Jacques Borlée à la fois fier et déçu

Jacques Borlée, père et coach de Kevin et Jonathan, était à la fois fier d'avoir deux fils, deux Belges aux places 5 et 6 de la finale olympique du 400m, mais nourrissait aussi de la déception de n'être pas monté sur le podium.

"Il faut quand même savourer. Même si on a envie d'aller plus haut et qu'on a des ambitions. C'était une course très difficile à suivre pour moi. C'est assez exceptionnel d'avoir deux enfants, 5e et 6e mondiaux. Au top. Maintenant, oui, il y a de la déception parce que d'un côté, on vise tellement haut et ils travaillent de manière tellement exemplaire, en se poussant l'un et l'autre pour aller vers des sommets. L'ambition était 44.30. D'un autre côté, il faut reconnaître qu'il y a plus fort que soit. C'est tout, c'est ça le sport."

Kevin Borlée 5e (44.81) et Jonathan Borlée 6e (44.83) étaient placés dans les couloirs extérieurs. "Ce n'est pas une excuse", reprend Jacques Borlée. "Jonathan avait encore un peu mal à la cuisse, mais cela allait. J'avais demandé de partir vite. De ce que j'ai pu voir, car je devais regarder au 2, au 9 et les autres, Kevin est parti un peu lentement, mais il a fait une fin de course extraordinaire. Il a peut-être manqué 5m pour remonter encore. C'est ça le 9e couloir, mais tout le monde court 400m. Il faisait 17°, un peu froid. Maintenant, il faut analyser cela dans l'approche mentale. Il faut beaucoup plus de tranquillité, cela c'est important aux Jeux. La journée des demi-finales ne s'était pas trop bien passée. Il y avait beaucoup trop de stress. On en a beaucoup parlé. Cette notion de tranquillité est essentielle. Ce que je vais leur dire maintenant à Kevin et Jonathan ? B-R-A-V-O. Tout simplement."