Pénurie de généralistes dans 256 communes

En 5 ans de temps, le nombre de communes belges touchées par le manque de médecins a doublé. Les régions les plus affectées sont le Limbourg, la Campine du Nord et le Pajottenland. Les communes rurales souffrent également d’une pénurie flagrante de vétérinaires. Selon l’Association belge des syndicats médicaux (Absym), les jeunes médecins ne seraient pas attirés par le mode de vie à la campagne.

Une étude de l’Union des professions libérales et intellectuelles (Unplib), publiée ce jeudi, indique notamment que 256 des 589 communes belges souffrent actuellement d’un manque criant de généralistes. Le problème serait surtout aigu dans les zones rurales, où l’on recense aussi un manque flagrant de vétérinaires. La pénurie de médecins est en tous cas deux fois plus élevée qu’il y a 5 ans.

« Dans certaines zones, il devient de plus en plus difficile d’assurer une continuité dans les soins prodigués aux patients », explique Jos De Smedt de l’Association flamande des médecins généralistes Domus Medica. Ce sont avant tout les services de garde qui deviennent difficiles à assurer, ce qui accroît la pression de travail sur les médecins. « Le fait que les généralistes aient à faire des gardes de nuit et de week-end influence certainement leur vie sociale ».

Dans les zones rurales, la pénurie de médecins et vétérinaires serait particulièrement flagrante, indique l’étude. L’Unplib estime donc que les mesures correctives ne sont actuellement pas suffisantes et que des actions sont nécessaires. En effet, en 2011, la Belgique comptait une moyenne d’un médecin pour 485 habitants. Les écarts entre les différentes provinces sont néanmoins importants. Le Brabant wallon dispose ainsi d’un médecin pour 294 personnes, alors qu’en province du Luxembourg ce sont 590 patients qui doivent se partager un généraliste.

En Flandre, la province du Limbourg et les régions de la Campine du Nord et du Pajottenland (Brabant flamand) sont particulièrement touchées. L’Unplib souligne que « le nombre de médecins est en recul régulier d’environ 1% par an et le nombre de vétérinaires augmente de moins d’un pourcent annuellement. Pour l’ensemble des professions libérales, l’augmentation est par contre de 4% par an ». L’Union souligne que l’abolition du « numerus clausus » en médecine en 2008 était nécessaire, mais que ses effets ne se feront sentir qu’à partir de 2015.

L’Union estime en outre que les deux professions ne sont pas suffisamment attrayantes. « Le travail est lourd, les risques élevés, les obligations administratives nombreuses et la rémunération relativement modeste au regard de l’investissement personnel ». Elle demande une revalorisation des deux professions et une intensification des incitants à l’installation en zone rurale.

"Le mode de vie rural pas attractif"

Selon l’Association belge des syndicats médicaux (Absym), le fond du problème proviendrait du fait que le mode de vie à la campagne est moins attractif, notamment pour les jeunes médecins. Selon le Docteur Jacques de Toeuf, il n’existerait pas « de solution unique » à ce problème, sur lequel médecins, syndicats, pouvoirs publics et communes planchent depuis quelques années.

Le Docteur préconise, notamment, de professionnaliser les gardes ou de poursuivre la création de postes de garde médicalisés. Et il dénonce la surcharge administrative pour les praticiens. « Un médecin passe 40% de son temps au travail bureaucratique ».