Des experts internationaux au chevet de Doel 3

Des experts nucléaires des régulateurs d’une dizaine de pays se réunissent ce jeudi à Bruxelles à l'initiative de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) pour se pencher sur les fissures à Doel 3.

Des experts nucléaires des régulateurs de plusieurs pays se réunissent ce jeudi à Bruxelles à l'initiative de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN). Celle-ci a convoqué cette réunion à la suite de la révélation de la présence de fissures dans la cuve du réacteur de Doel 3. Outre les experts belges, il y aura également des représentants des régulateurs d'Allemagne, des Pays-Bas, d'Espagne, de Suède, de Suisse, des Etats-Unis et sans doute aussi d'Argentine.

Des fissures ont en effet été constatées dans la masse de la cuve de Doel 3 lors d'un contrôle par ultra-sons. Cette cuve a été livrée par le groupe néerlandais Rotterdamsche Droogdok Maatschapij (DRM), qui a cessé ses activités. L'enquête du régulateur belge a révélé que cette société a livré des cuves pour 22 centrales à travers le monde.

Tests similaires à Tihange 2

Outre les cuves de Doel 3 et Tihange 2, elle a également livré 2 cuves aux Pays-Bas, 2 en Allemagne, 2 en Espagne, 1 en Suède, 2 en Suisse, 10 aux Etats-Unis et une en Argentine.

L'AFCN a immédiatement décidé d'organiser une réunion pour informer les régulateurs de ces pays des constatations faites à Doel 3.

Des tests similaires à ceux qui ont été effectués sur Doel 3 seront effectués prochainement sur la cuve de la centrale de Tihange 2 qui a été mise à l'arrêt ce qui devrait déjà donner une indication.

Outre l'AFCN, la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, en charge de la sécurité nucléaire, suit également de près l'évolution du dossier.

L'AFCN sceptique sur un redémarrage de Doel 3

La centrale de Doel 3 ne sera vraisemblablement pas redémarrée après la fin septembre, a indiqué jeudi le directeur général de l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN), Willy De Roovere, à l'issue d'une rencontre avec des experts provenant de régulateurs nucléaires de différents pays.

La centrale de Tihange 2 dont la cuve avait été fabriquée par le même industriel (Rotterdamsche Droogdok Maatschapij - DRM) a aussi été arrêtée et subira le même type de contrôles. Des analyses complémentaires doivent encore menées sur la cuve de Doel 3 après la "mise en évidence d'indications de fissures". L'AFCN espère mener ces analyses d'ici la fin septembre. Les conclusions de l'enquête doivent, lors d'une seconde réunion, être présentées à plusieurs autorités. "Vraisemblablement en octobre", explique encore le directeur général.

Electrabel avait indiqué précédemment que Doel 3 serait à l'arrêt au moins jusque fin septembre. "Je ne suis pas convaincu d'un redémarrage d'ici le 30 septembre. Si les problèmes se confirmaient pour la cuve, une réparation serait difficile et un remplacement trop difficile. Cela signifierait l'arrêt de Doel 3", souligne Willy De Roovere.
La centrale de Tihange 2 a été mise à l'arrêt jeudi. Cette centrale possède le même type de cuve que celle de Doel 3. Des analyses identiques seront menées afin de savoir si la cuve ne présente pas d'indices de fissures.
"Je souhaite rappeler que Doel 3 et Tihange 2 sont à l'arrêt et ne présentent dès lors aucun danger pour la population, les travailleurs et l'environnement", a tenu à souligner Willy De Roovere.