Nucléaire: "Le problème est mondial"

Dans un entretien accordé au quotidien De Morgen, le directeur général de l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) Willy De Roovere met en garde contre les problèmes qu’a connu la centrale de Doel 3. Selon lui, de nombreuses autres centrales pourraient subir le même sort.

Des fissures, probablement liées à un défaut de construction, ont été découvertes dans la cuve du réacteur. "Les fissures se trouvent en parallèle avec la surface. Nous savons à présent qu’elles s’y trouvent, mais nous estimons qu’elles sont gênantes car nombreuses", a indiqué Willy De Roovere (photo).

Cette situation mène le directeur de l’AFCN à se poser des questions. "Après leur construction, les réacteurs avaient été contrôlés et répondaient aux normes. Celles-ci n’ont pas beaucoup changé depuis. On peut donc se poser la question de savoir si le code international est suffisamment strict". Sur les ondes de la VRT, Willy De Roovere s’est montré plus explicite, soulignant que ce code n’est pas assez rigoureux.

Si tel était réellement le cas, de sérieux problèmes menacent les centrales actuelles. "Nous faisons sûrement face à un problème mondial. Cela concerne tous les réacteurs nucléaires qui ont été construits de cette manière, durant la même période. Je ne sais pas combien il y en a précisément", explique-t-il encore. Selon le quotidien De Morgen, il y aurait 350 réacteurs du genre dans le monde.

La centrale de Tihange 2 serait également menacée. La cuve de son réacteur date de la même période que celle de Doel 3 et a été livrée par le même constructeur. "Je serais surpris de ne pas y trouver de failles. Il y a 50% de chance que l’on découvre le même genre de fissures à Tihange", estime Willy De Roovere.