Michelle Martin libérée sous conditions

La Cour de cassation a levé mardi les derniers obstacles juridiques à la libération de Michelle Martin, l'ex-femme et complice du meurtrier pédophile Marc Dutroux. La plus haute juridiction du royaume a rejeté les recours déposés par les parties civiles et le procureur général de Mons, Claude Michaux, demandant d'annuler la décision du tribunal d'application des peines (TAP) de Mons autorisant Mme Martin à quitter sa prison pour rejoindre un couvent. La Cour a jugé les recours "irrecevables".

Le 31 juillet dernier, le TAP de Mons avait autorisé Michelle Martin à quitter, sous conditions, la prison après avoir purgé 16 des 30 années auxquelles elle avait été condamnée pour sa participation aux crimes de Marc Dutroux. Le tribunal avait estimé que Mme Martin présentait des perspectives de réinsertion sociale.

Michelle Martin, incarcérée à la prison de Berkendael à Bruxelles, est, en théorie, libérable immédiatement. Elle doit rejoindre un couvent tenu par des soeurs clarisses à Malonne, près de Namur. Sans rentrer dans les ordres, elle devra y respecter une totale discrétion vis-à-vis de l'extérieur.

La dizaine de soeurs qui vivent au couvent de Malonne ont justifié leur décision d'accueillir Michelle Martin, qui serait devenue très pieuse en prison, par la tradition de l'hospitalité monastique et le principe de miséricorde. Fin juillet, le TAP avait pour sa part considéré que l’installation de Michelle Martin au sein de la communauté monastique rencontrait raisonnablement les conditions d'éloignement géographiques, sollicitées par les victimes dans leur intérêt.

L'annonce de sa remise en liberté a provoqué la colère des familles des jeunes victimes du pédophile et relancé le débat sur l'opportunité de rendre incompressibles les peines pour les crimes les plus graves.

Michelle Martin avait été arrêtée à l'été 1996, en même temps que Marc Dutroux (photo), dont elle a divorcé en 2003.

Ce dernier a été condamné à la perpétuité pour l'enlèvement, la séquestration et le viol, entre juin 1995 et août 1996, de six fillettes et adolescentes, ainsi que de la mort de quatre d'entre elles.

La décision du TAP "conforme à la loi"

Sans surprise, la Cour de cassation a estimé dans son arrêt que la décision du tribunal d'application des peines de Mons de libérer sous conditions Michelle Martin était conforme à la loi.

Elle a suivi ainsi l'avis de l'avocat général, Raymond Loop. La Cour a estimé que les parties civiles ne pouvaient introduire de pourvoi car elles n'ont pas la qualité de partie dans la procédure de libération conditionnelle, contrairement au parquet et à la condamnée.

Elle a par ailleurs rejeté les trois moyens de cassation que faisait valoir le parquet. Le recours en cassation par le parquet étant suspensif, Michelle Martin avait été maintenue en prison. Plus rien ne s'oppose désormais à sa libération sous conditions.

Pour rappel, les avocats de Jean-Denis Lejeune, Laetitia Delhez et de la famille Lambrecks ainsi que le procureur général de Mons avaient rapidement introduit des pourvois en cassation contre la décision du tribunal de l'application des peines. Ce pourvoi étant suspensif, Michelle Martin est restée en prison dans l'attente de la décision rendue ce mardi par la Cour de cassation.

Michelle Martin est donc désormais libérable sous conditions. Me Beauthier, l'avocat de Jean-Denis Lejeune et de Laetitia Delhez, avait annoncé qu'il porterait le dossier devant la Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg si la Cour de cassation venait à rejeter le pourvoi.