Tensions sociales chez Belfius

Les syndicats de la banque d’Etat provenant du démantèlement du groupe Dexia en octobre 2011 sont choqués que leur CEO Jos Clijsters (photo principale) ait déclaré ce jeudi à la presse qu’un millier d’emplois devraient vraisemblablement disparaître, alors qu’il venait d’annoncer que Belfius a renoué avec les bénéfices. Au premier semestre de cette année, la banque résiduelle a réalisé un bénéfice net de 252 millions d’euros.

Ce jeudi après-midi, l’administrateur délégué de Belfius, Jos Clijsters, et le président du conseil d’administration de la banque résiduelle, Alfred Bouckaert, se réjouissaient que le nouveau nom de Dexia Banque Belgique - lancé en mars dernier, à la suite du démantèlement du groupe Dexia en octobre 2011 - ait « clairement contribué à rétablir la confiance des clients ».

Ceci s’est traduit, au premier semestre de l’année, par une progression de l’encours des produits d’épargne et d’investissement chez Belfius. Ainsi, fin juin 2012, l’encours des comptes d’épargne s’élevait à 31,2 milliards d’euros, ce qui représente une hausse de 7% par rapport à décembre 2011. « Nous sommes satisfaits de nos résultats commerciaux, alors que le premier semestre a été marqué par la volatilité des marchés, une conjoncture difficile et un environnement de taux très bas », concluait Alfred Bouckaert lors de la présentation des résultats semestriels de la société.

Belfius, qui ne distribuera pas de dividende avant 2016, a clôturé le premier semestre 2012 sur des revenus de 1,358 milliard d’euros et sur un bénéfice net, part du groupe, de 252 millions d’euros, indique l’agence Belga.

Les syndicats choqués

Quelle ne fut alors pas la surprise des syndicats d’entendre le CEO Jos Clijsters expliquer ensuite à la presse qu’un millier d’emplois devraient vraisemblablement être supprimés, afin de réduire les coûts liés au personnel. « Cette politique ne cadre pas avec ce qu’attend l’Europe », a déclaré la responsable du syndicat socialiste (SETCa), Miranda Ulens. Elle suspecte les responsables de Belfius de « préparer le terrain avant une annonce de suppression d’emplois. Ce n’est pas de cette manière que fonctionne un dialogue social correct ».

Un conseil d’entreprise était prévu pour ce vendredi, pendant lequel les syndicats voulaient exiger des explications de la direction et le développement d’une stratégie globale d’avenir, qui ne se concentre pas seulement sur les coûts du personnel.