De nombreux détenus sous médicaments

Un prisonnier sur cinq prend des antipsychotiques. C’est 14 fois plus que la moyenne des citoyens en Belgique, indique le quotidien De Standaard, qui a pu consulter les chiffres de 2010. D’autre part, quelque 16% des détenus sont sous antidépresseurs et 20% reçoivent des calmants.

Les chiffres disponibles pour 2010 attestent d’une consommation importante de médicaments en milieu carcéral. Il en ressort ainsi qu’un détenu sur 5, y compris ceux internés, prend des psychotiques. Alors qu’au sein de la population belge seul 1,5% des citoyens prennent ce type de médicaments.

D’autre part, 16,3% des prisonniers sont sous antidépresseurs, contre 5,3% de la moyenne des Belges. Et 20% des détenus reçoivent des calmants. « Nous prescrivons trop de médicaments aux prisonniers », constate Sven Todts, le médecin-directeur du département Soins médicaux et dentaires au sein du ministère de la Justice.

L’importante consommation de médicaments en milieu carcéral s’explique de deux manières. « La population carcérale est composée de personnes qui sont souvent plus faibles médicalement et physiquement que la moyenne », explique le porte-parole Laurent Sempot. « Elles ont donc besoin de plus de médicaments. Certaines d’entre elles entament même leur premier traitement médical en prison, parce qu’elles n’en étaient pas capables hors de prison ».

La deuxième explication vient du fait de l’enfermement. La privation de liberté influence l’état physique et psychique des détenus.

Sven Todts estime également que « les soins médicaux dans les prisons sont très limités au niveau des moyens. Les médecins des prisons ne peuvent que répondre en partie aux demandes des détenus par la prescription de médicaments. La prison rend les gens plus anxieux. Les médecins sont soumis à une grande pression car il n’ont pas d’autre solution que de prescrire des médicaments ».