Un "Plan B" pour la Belgique très discuté

"Des réformes démographiques et économiques priment sur un éventuel Plan B pour la Belgique", a estimé ce lundi dans l’émission radio de la RTBF "Le matin" le ministre-président wallon Rudy Demotte (PS, photo). Il réagissait aux propos pessimistes du ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS), qui ce week-end invitait les francophones à se préparer concrètement à la scission de la Belgique ainsi qu’aux déclarations du président de la N-VA Bart De Wever, qui estime que la Belgique évolue irrémédiablement vers le confédéralisme et invite les francophones à en discuter après les élections communales.

Invité samedi dans l’émission « Le grand oral » de la RTBF, le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS, photo) s’est montré très pessimiste quant à l’avenir de la Belgique et a invité les responsables politiques francophones à discuter concrètement d’un Plan B pour le pays.

Il a souligné que son homologue flamand Kris Peeters (CD&V) se déclare ouvertement confédéraliste et que, selon les sondages, le parti nationaliste N-VA devrait obtenir 40% des voix. Selon Picqué, une autonomie flamande pointe à l’horizon, et même plus rapidement que les partis francophones ne semblent vouloir l’admettre.

Interviewé à son tour dans l’émission de débat « Mise au point » de la RTBF, dimanche, le président de la N-VA Bart De Wever (photo) a réagi aux déclarations de Charles Picqué, en invitant les francophones à se préparer au confédéralisme.

Selon De Wever, les élections régionales de 2014 seront décisives pour l’avenir du pays. Il estime que ce sera plus vraisemblablement la N-VA, plutôt que les partis flamands qui siègent actuellement dans le gouvernement fédéral Di Rupo, qui gagnera les élections. « Dans ce cas, nous devrons avoir une réelle discussion sur le confédéralisme ». Et d’ajouter : « Je pense qu’après les élections communales d’octobre, il sera temps de commencer à penser et de travailler en toute discrétion pour préparer le pays à ce grand changement ».

"Le Plan B n’est pas une priorité"

Réagissant ce lundi matin à ces déclarations, au micro de la RTBF, le ministre-président wallon Rudy Demotte (PS) a estimé qu’il ne faut certes pas « vivre d’illusions » mais qu’il est trop tôt pour parler d’un Plan B. Il veut attendre le résultat réel des élections de 2014.

Selon Demotte, la priorité est actuellement de poursuivre une relance économique, de travailler au redressement de la Wallonie et de Bruxelles et de mettre en œuvre la sixième réforme de l’Etat (dont a fait partie la scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde). « Que nous vivions maintenant dans un pays fédéral ou confédéral, les problèmes économiques et démographiques restent les mêmes », a estimé le ministre-président wallon.

Le président du parti humaniste francophone CDH, Benoît Lutgen, juge par contre que les Wallons et Bruxellois doivent travailler sans attendre à un projet francophone. « Peu importe que Bart De Wever soit à 20 ou 40% de voix en Flandre. Il faut se préparer quoi qu’il arrive. Sans attendre ».

Les libéraux francophones du MR insistent par contre sur l’urgence d’un redressement économique. Selon le président Charles Michel (photo), la situation économique de la Wallonie et de Bruxelles « alimente le séparatisme et le nationalisme ». Le vice-Premier ministre Didier Reynders (MR) a aussi souligné qu’il fallait « faire sortir la Wallonie et Bruxelles de leur marasme ». D’après le ministre des Affaires Etrangères, des réformes en profondeur sont nécessaires pour éviter d’entrer dans le contexte d’un Plan B.