Six prévenus poursuivis dans l’affaire Baby D.

Le procès dans l’affaire du traitement dégradant de Baby D. s’est ouvert ce vendredi au tribunal correctionnel de Audenarde. Baby D. est née le 26 février 2005. La mère porteuse avait promis l'enfant à un couple d'Anversois, Geertrui Praet et Bart Philtjens, mais aurait finalement vendu avec son compagnon la petite fille à un couple de Néerlandais.

L'étude ADN avait alors révélé que l'enfant avait été conçu avec le sperme de M. Philtjens, mais le couple néerlandais avait finalement tout de même obtenu la garde de l'enfant.

L'avocat de la mère porteuse et de son compagnon avait demandé au tribunal de traiter l'affaire à huis clos, afin que le vie privée des personnes concernées puisse être garantie. Le tuteur de l'enfant, aujourd’hui âgée de 7 ans, a rejoint ce point de vue. La présidente du tribunal Audrey Desloover a pourtant décidé vendredi matin de ne pas traiter l'affaire à huis clos.

Selon le procureur, la mère porteuse a demandé 8.000 euros pour l'enfant aux futurs parents belges et au moins 12.000 euros au couple néerlandais qui a finalement recueilli la petite fille.

Les six prévenus sont poursuivis pour traitement dégradant de l'enfant. "On ne discute pas de la maternité de substitution ici aujourd'hui, car cette affaire avait plus à voir avec l'argent", a souligné le procureur Louis Vandenberghe.

"Les prévenus se sont mis d'accord sur le sort d'une personne, un nouveau-né, conçue pour en tirer un profit. Cela constitue le traitement dégradant: on achète pas un être humain, on ne vend pas un être humain."

Le ministère public a requis des peines de prison avec sursis pour les six prévenus. Ainsi, huit mois de prison avec sursis ont été requis contre la mère porteuse et son compagnon et contre le couple néerlandais. Pour les parents belges, le procureur a requis six mois de prison avec sursis.

Selon le ministère public, le développement de l'enfant sera marqué. "La petite fille prendra connaissance plus tard des circonstances de sa naissance et sera en prise avec de très douloureuses questions existentielles. L'enfant a été considérée comme un objet. Il s'agit d'un fait social grave et répréhensible par lequel la dignité humaine d'une enfant sans défense a été remise en question."