Les Flamands trop accrochés à leur voiture

Même lorsqu’ils doivent effectuer un déplacement de moins d’un kilomètre de distance, pas moins d’un tiers des citoyens en Flandre ont encore toujours le réflexe de prendre la voiture. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée à la demande de la ministre de la Mobilité, Hilde Crevits (CD&V), à l’occasion de la Semaine de la mobilité en Belgique (du 16 au 22 septembre).

L’étude réalisée entre septembre 2010 et septembre 2011 auprès de 1.603 personnes en Flandre, âgées de 6 ans et plus, révèle que si l’on additionne l’ensemble des déplacements réalisés, près de 70% de ces derniers ont été effectués en voiture. Et cela alors que dans plus de la moitié des cas la distance parcourue n’excède pas 5 kilomètres.

Dans un quart des cas, les déplacements sont effectués à pied ou en vélo, et dans un cas sur 20 ils sont réalisés en transports en commun.

Plus surprenant encore, 20% des déplacements effectués par les personnes interrogées ne dépassent pas 1 kilomètre. Et même dans ce cas, près d’un tiers des Flamands se déplacent en voiture. Il n’y a que pour effectuer les premières centaines de mètres que les personnes questionnées ont affirmé préférer la marche. L’étude démontre donc que - malgré le principe prôné par le gouvernement flamand d’utiliser de préférence décroissante la marche, le vélo, les transports en commun et seulement après la voiture privée -, l’automobile reste reine en Flandre.

« Ce qui m’étonne, c’est que tant de gens prennent la voiture pour couvrir de si courtes distances, de moins d’un kilomètre », réagissait ce lundi la ministre de la Mobilité, Hilde Crevits (photo), dans l’émission « De Ochtend » de la VRT. « Pour se rendre chez le boulanger, chez le boucher, et même s’ils savent qu’ils ne trouveront que très difficilement une place pour se garer. C’est pratiquement hallucinant ».

"Encore beaucoup à faire"

La ministre flamande reconnait qu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’infrastructure. « Il est très important que nous continuions à investir énormément dans une infrastructure de qualité et sûre pour les vélos, que les communes continuent à placer des pistes cyclables. Pour ce qui est de l’utilisation conjuguée de moyens de transport, il faut des améliorations. Si vous voulez, par exemple, prendre les transports en commun, il faut que vous puissiez mettre votre vélo en sécurité ou garer votre voiture à la gare ».

La Flandre investit chaque année 100 millions d’euros dans l’installation de pistes cyclables, ce qui est encore nettement moins que le budget consacré aux autoroutes. Cette situation ne doit-elle pas être modifiée ? « L’entretien structurel des autoroutes et routes carrossables coûte 170 millions d’euros par an à la Flandre. L’entretien des pistes cyclables coûte 100 millions d’euros. Nous pouvons comparer ces investissements, mais nous devons aussi penser à l’aspect de la sécurité. Les investissements pour les autoroutes ne sont pas destinés à attirer davantage de monde sur les voies rapides, mais à les rendre plus sûres. Mais il est vrai qu’il nous reste encore beaucoup à faire », reconnaissait la ministre Crevits.

Les transports en commun obtiennent un mauvais score dans l’étude réalisée. « Utiliser les transports publics reste un choix personnel. D’où l’importance d’y familiariser les gens. Ils doivent apprendre à les utiliser », précise la ministre de la Mobilité. « L’investissement dans une infrastructure de qualité et une offre suffisante reste également crucial ».