Un conciliateur social pour ArcelorMittal ?

La ministre fédérale de l’Emploi, Monica De Coninck (SP.A), veut tenter d’éviter la disparition de la phase à froid, comme de celle à chaud, à l’usine liégeoise, alors que la direction d’ArcelorMittal menace de suspendre son plan d’investissement de 138 millions d’euros à la suite de l’échec des négociations avec les syndicats. De Coninck a demandé à un conciliateur social de proposer ses services pour ramener direction et syndicats à la table des négociations. Il en va, notamment, du sauvetage de 2.000 emplois.

La ministre fédérale de l’Emploi Monica De Coninck (photo) indique qu’elle avait déjà proposé un médiateur social pour tenter de débloquer les négociations entre syndicats et direction sur le plan de fermeture de deux hauts-fourneaux de la phase à chaud. Ce plan devrait entraîner la perte de près de 800 emplois dans le bassin sidérurgique liégeois, mais est considéré par la direction comme nécessaire pour sauver la phase à froid grâce à un investissement de 138 millions d’euros.

Ce mardi, le président du syndicat chrétien ACV, Marc Leemans, a affirmé espérer qu’un accord puisse tout de même encore être conclu. Il souhaite que tous les syndicats et la direction s’y engage, pour créer une situation « où tout le monde y gagne ». Il s’agit notamment de sauver 2.00 emplois liés à la phase à froid de l’usine liégeoise.

On a appris ce lundi que les Métallos de la FGTB et le SETCa avaient refusé de signer le protocole d’accord proposé par la direction d’ArcelorMittal au sujet de la poursuite des négociations sur la fermeture de la phase à chaud. Ils jugent inadmissible la façon de négocier de la direction. Les autres organisations syndicales avaient accepté de signer, mais à contrecœur.

L’industrie belge s’effrite

L’industrie sidérurgique belge emploie actuellement encore 14.000 personnes, dont 10.000 au sein du groupe ArcelorMittal. Ce dernier possède aussi une grande usine à Gand (Sidmar), en Flandre orientale.

En mars dernier, le groupe métallurgique Duferco a fermé la fabrique de Carsid à Marcinelle, près de Charleroi. Ce qui a entraîné la perte de 1.000 emplois.

L’affaiblissement de l’industrie belge n’est d’ailleurs pas limité à la sidérurgie. A l’usine de Ford Genk, les syndicats attendent la réunion de mercredi matin qui devrait leur apporter des détails sur les restructurations du groupe prévues pour l’Europe et donc sur l’avenir de l’implantation limbourgeoise. La dispersion des compétences entre les gouvernements fédéral et régionaux ne simplifie pas non plus le maintien d’une politique cohérente pour l’avenir de l’industrie belge.