Normes de sécurité renforcées pour les Belges à Kunduz

A la suite des récents attentats perpétrés par des policiers ou des soldats afghans, l’Otan a imposé des restrictions, pour les opérations conjointes avec les forces locales, aux instructeurs belges qui encadrent des unités afghanes dans la région de Kunduz, au nord de l’Afghanistan. Le ministère belge de la Défense précise que les militaires peuvent poursuivre leur travail et opérer encore à l’extérieur des cantonnements de l’armée nationale, mais après avoir obtenu l’accord du commandement régional de la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf).

Ces dernières semaines, plusieurs incidents se sont produits dans le sud de l’Afghanistan au cours desquels des soldats afghans ont ouvert le feu sur des troupes étrangères qui effectuaient des patrouilles. L’Otan, qui dirige la force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) sur le terrain, a alors décidé de limiter temporairement la collaboration avec les Afghans. Des patrouilles conjointes ne sont ainsi plus autorisées pour l’instant.

La mesure est aussi d’application pour les militaires belges qui sont stationnés à Kunduz, dans le nord du pays. Il s’agit essentiellement d’instructeurs qui forment les soldats afghans. La formation se poursuit à l’intérieur des casernes, mais les Belges ne peuvent plus effectuer sans autorisation des patrouilles conjointes avec les soldats afghans.

Le ministère belge de la Défense a précisé ce mercredi que les instructeurs belges se sont bien vu imposer des « restrictions » par l’Otan pour les opérations conjointes, mais qu’ils ont encore toujours la possibilité d’accompagner les forces afghanes sur le terrain, sous condition. "Il y toujours des possibilités pour les instructeurs belges d'opérer à l'extérieur" des cantonnements de l'armée nationale afghane (ANA) moyennant l'accord du commandement régional nord (RCN) de la force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), a ainsi indiqué la porte-parole militaire Ingrid Baeck à l'agence de presse Belga.

Selon Ingrid Baeck, « les pays de l'Isaf peuvent demander des dérogations, moyennant une évaluation des risques ».

Pour les militaires belges qui sont actuellement encore stationnés à l’aéroport de Kaboul et à Kandahar, au sud de l’Afghanistan, la mesure de sécurité n’est pas d’application parce qu’ils ne sortent pas de l’enceinte de l’aéroport ni du camp militaire.

L’Otan projette de se retirer de l’Afghanistan d’ici la fin de 2014 et de remettre à l’armée afghane le commandement de la lutte contre les rebelles. Certains doutent cependant que cette date soit réaliste.