La connaissance du français en régression en Flandre

Les résultats des tests préparatoires des étudiants en philologie romane à l’Université d’Anvers (UA) sont édifiants, la méconnaissance du français atteint un niveau record. Le Professeur de linguistique descriptive du français Alex Vanneste se base sur les scores réalisés ces 27 dernières années pendant le cycle propédeutique et rassemblés par le Département Langues et Littérature.

Le niveau de français des nouveaux étudiants de l'Université d'Anvers (UA) est à son plus bas.

"J’organise des tests depuis 27 ans et les résultats n’ont encore jamais été aussi mauvais" a déclaré Alex Vanneste, professeur de linguistique et de maîtrise de la langue française. En 1986 le pourcentage de réussite tournait autour des 60%, aujourd’hui il n’est plus que de 36,3%.

A la fin des années 80, les étudiants réussissaient à progresser d'environ 20% durant leurs études, une progression désormais limitée à 16,2%.

Ce résultat fait craindre le pire puisque ce test ne concernait que des étudiants ayant opté pour des études de langues et littératures françaises et romanes. "J’imagine que c’est encore pire pour le reste des étudiants" explique Alex Vanneste.
Et ce ne sont pas uniquement la grammaire ou le vocabulaire qui posent problèmes, les étudiants ne sont plus capables de comprendre une phrase toute simple.
Lors de l'épreuve orale d'entrée en philologie romane plusieurs étudiants ne comprenaient pas la question: où avez-vous fait vos études secondaires ?
Le responsable de tout cela est rapidement identifié, l'attrait de l'anglais est bien sûr en cause, selon le professeur Alex Vanneste, mais pour lui ce n'est pas une question d'anglais ou de français mais d'anglais et de français. Les jeunes Flamands auront besoin des deux langues. Le professeur estime qu’il faut modifier la façon d’enseigner le français en secondaire. "Le français est une langue difficile, qui nécessite un apprentissage structuré et systématique".