Electrabel veut discuter prix avec le gouvernement

Sophie Dutordoir (photo principale), l’administrateur délégué de l’entreprise énergétique, réfute les critiques du ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte (SP.A). Dans une interview accordée à plusieurs quotidiens, elle qualifie le ministre de « chef d’orchestre d’une critique populiste pleine de demi-vérités ». Et elle propose de remplacer la rente nucléaire par une diminution des prix pour les consommateurs.

Le fournisseur de gaz et d’électricité Electrabel fait l’objet depuis plusieurs semaines de lourdes critiques, notamment au sujet des prix élevés qu’il pratique. Le ministre fédéral de l’Economie et des Consommateurs Johan Vande Lanotte (SP.A, photo) est l’un des auteurs récents de ces critiques. Il y a quelques jours, il estimait encore qu’Electrabel devait récompenser ses clients fidèles par une baisse de prix.

Interviewée ce week-end par les quotidiens flamands De Standaard et De Tijd, la patronne d’Electrabel Sophie Dutordoir répond avec véhémence à ces critiques. Elle qualifie les reproches à l’encontre de l’entreprise qu’elle dirige de « slogans, de critique populiste pleine de demi-vérités, orchestrés depuis un angle bien précis ». Elle désigne ainsi le ministre Vande Lanotte.

Dutordoir juge « peu honnête » et « peu correct » la façon dont Electrabel est sans cesse critiquée, estimant que ces attaques sont aussi particulièrement blessantes pour tous les employés et collaborateurs de l’entreprise énergétique qui s’investissent tous les jours ». Elle affirme avoir demandé au ministre de l’Economie ce qu’il avait contre Electrabel et que celui-ci aurait affirmé ne pas être « contre l’entreprise-même, mais il est électoralement utile de la critiquer ».

"Remplacer la rente nucléaire par une diminution de prix"

Suite aux multiples critiques, Electrabel invite « le gouvernement à une discussion constructive sur les différents dossiers énergétiques, sur base de l’ensemble des éléments constitutifs de l’accord de 2009 », avec comme priorité la diminution des prix pour le consommateur final.

Pour rappel, l’Etat belge et le groupe Gaz de France Suez ont signé en 2009 un protocole d’accord qui les engage sur une série de points. « Ce protocole et les engagements pris précédemment prévoient la prolongation des centrales Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 dans un cadre global qui assure le partage des bénéfices du nucléaire à l’avantage de l’ensemble de la société belge », indique le fournisseur d’énergie dans un communiqué.

« Electrabel a depuis pris sa part dans l’exécution des engagements. Le gouvernement de son côté a décidé de fermer les centrales de Doel 1 et 2 et parle aujourd’hui d’augmenter sensiblement et de façon unilatérale la contribution nucléaire à 550 millions d’euros ».

La CEO Sophie Dutordoir propose encore : « Au lieu de demander à Electrabel de payer des centaines de millions d’euros comme contribution nucléaire et de les mettre dans la caisse de l’Etat, nous pourrions parler d’utiliser cet argent pour réduire les prix de l’énergie pour les consommateurs ». Elle affirme avoir déjà fait cette proposition par le passé au gouvernement, qui n’y avait pas réagi à l’époque.