Anvers : les partis posent leurs priorités

Au cours du premier débat télévisé qui les a opposées, à la télévision publique flamande VRT, les têtes de listes du SP.A (Patrick Janssens), de la N-VA (Bart De Wever), d’Open VLD (Annemie Turtelboom), de Groen (Meyrem Almaci) et du Vlaams Belang (Filip Dewinter) à Anvers ont notamment plaidé pour un développement accru et une meilleure mobilité dans la métropole.

Jouer un rôle prépondérant dans le développement de la métropole, mettre un frein à l’immigration à Anvers, gagner de l’espace dans la ville portuaire en faisant passer le périphérique en souterrain, accroître la mobilité dans la métropole et y lutter activement contre le trafic de drogues : voilà les priorités énoncées respectivement par le bourgmestre sortant Patrick Janssens (SP.A), par Filip Dewinter (Vlaams Belang), Meyrem Almaci (Groen), Annemie Turtelboom (Open VLD) et Bart De Wever (N-VA), qui brigue ouvertement le prochain maïorat anversois.

Ces cinq têtes de listes de partis anversois confrontaient leurs idées il y a une semaine, dans un premier débat télévisé organisé par la VRT. On y aura notamment remarqué que le bourgmestre sortant Patrick Janssens et son principal concurrent Bart De Wever étaient d’accord pour déclarer qu’Anvers « est en progrès ».

"Donner l’exemple pour un développement de la métropole"

Le bourgmestre sortant, Patrick Janssens (SP.A, photo), estime que la métropole doit donner l’exemple en matière de développement urbain. Il souhaite voir l’installation de nouvelles zones vertes, d’un nouveau quartier d’habitation et de pistes cyclables supplémentaires.

Son concurrent pour l’écharpe maïorale, Bert De Wever (N-VA), considère aussi le développement urbain comme une priorité, mais estime que les districts anversois doivent également pouvoir en profiter. Selon lui, la voiture ne doit cependant pas être traitée en paria et il faut mettre fin à la suppression des places de parking à Anvers.

La ministre fédérale de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), voudrait pour sa part voir renforcé l’aspect culturel du MAS, le nouveau musée le long de l’Escaut. L’écologiste Meyrem Almaci met davantage l’accent sur le logement, le manque de places dans les écoles et la mobilité. Elle préfère pour cela une coalition progressiste.

"Stopper l’inscription de nouveaux étrangers"

Filip Dewinter (photo), tête de liste du parti d’extrême-droite Vlaams Belang, voit une grosse priorité pour Anvers : la sécurité. Pour y arriver, il estime qu’il ne faut plus accepter de nouveaux immigrés dans la ville portuaire. Il souligne que 43% des habitations sociales à Anvers sont actuellement allouées à des ressortissants étrangers.

Dewinter estime cependant qu’une « immigration de plus-value est possible, comme celle d’un diamantaire indien ou d’un ingénieur étranger ».

La ministre de la Justice Turtelboom, tête de liste des libéraux anversois, plaide pour de lourdes sanctions à l’encontre des étrangers qui enfreignent à la loi, mais aussi pour un accompagnement des jeunes suivistes afin qu’ils retrouvent le chemin de l’école.

Les écolos optent pour un Ring souterrain

Meyrem Almaci (photo), tête de liste de Groen, rappelle la croissance démographique rapide à Anvers. Pour que la ville puisse gagner un peu d’espace, elle estime que le Ring anversois (le périphérique de la métropole) doit être recouvert et donc devenir souterrain.

Pour préserver la santé des Anversois, Almaci rejette en outre le tracé du viaduc élaboré par la Société de mobilité d’Anvers (BAM) pour terminer le Ring au nord-est de la ville. Elle lui préfère la construction de tunnels.

Filip Dewinter, tête de liste du Vlaams Belang, ne rejette pas l’enterrement du Ring, mais plaide par contre aussi en faveur de la suppression du péage au tunnel Liefkenshoek. Annemie Turtelboom (Open VLD) estime que l’enterrement ne sera possible qu’en 2020-2025, et trouve que deux bouts d’autoroute doivent être construits d’ici là.

Patrick Janssens rappelle qu’il faudra dépenser beaucoup d’argent pour recouvrir le Ring. Il propose donc de le faire en plusieurs phases, en commençant au nord de la gare de Berchem, entre les ponts Borsbeek et Zurenborg.

Bart De Wever approuve l’idée de couvrir le Ring, mais estime qu’il faut d’abord trouver une solution globale de meilleure mobilité.

La mobilité, priorité absolue pour Open VLD

La mobilité est justement le cheval de bataille des libéraux à Anvers. « Actuellement, nous poussons trop les voitures vers le centre de la ville. A court terme, deux tangentes (morceaux d’autoroute) sont possible, ce qui redonnera de l’oxygène au port et aux habitants », explique Annemie Turtelboom (photo).

Almaci est d’accord, mais réclame une alternative au tracé proposé par la BAM. De Wever trouve que les tangentes ne suffiront pas et qu’il faut plutôt un nouveau plan global.

De Wever déclare la guerre aux drogues

Le président de la N-VA (photo) plaide lui en faveur d’un plan de lutte contre les stupéfiants. « On doit conférer aux drogues une image négative », et les trafiquants doivent être sévèrement punis. Il veut qu’un pacte soit conclu avec les autorités pour expulser éventuellement les dealers.

Le bourgmestre Patrick Janssens souligne qu’Anvers possède déjà une politique de lutte contre les stupéfiants, mais qu’elle devrait être mieux coordonnée. Selon lui, il faudrait l’aide de la police fédérale pour des saisies de drogues dans le port anversois.

Quant à la ministre Annemie Turtelboom, elle réclame une accélération de l’enquête sur les fortunes criminelles. Filip Dewinter plaide plutôt pour un dépistage actif des sans-papiers.