Manifeste de Verhofstadt et Cohn-Bendit pour une Union fédérale européenne

Le chef de file du groupe des Libéraux européens publie avec Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts au Parlement européen, un vibrant plaidoyer pour une Europe fédérale avec un gouvernement et un "véritable" président.

"C’est la seule façon d’endiguer la crise de l’euro", a déclaré Guy Verhofstadt,ce lundi matin dans l’émission De Ochtend (VRT).

L’ancien Premier ministre belge est un fervent partisan d’une Europe fédérale. Il le prouve encore une fois dans le livre "Debout l’Europe" qu’il publie avec le leader écologiste Daniel Cohn-Bendit. Ce livre paraît en six langues ce lundi 1er octobre.

"Il n’y a qu’une seule manière d’être réaliste aujourd’hui en Europe, c’est en plaidant pour une Europe fédérale. Il serait très naïf de croire qu’on pourrait sortir de la crise de l’euro sans franchir cette étape. Ce qui autrefois semblait chimérique est aujourd’hui tout à fait réaliste", ajoute Guy Verhofstadt.

Pour rédiger ce livre, il a trouvé son inspiration dans sa colère contre les Etats membres, "qui chacun de leur côté n'ont pas été capables de résoudre la crise. Ils pensent qu’ils pourront sortir de la crise par le simple fait de s’asseoir avec les 17 pays de l’eurozone, mais ce n’est pas le cas".

Pour prouver ses propos, Guy Verhofstadt énumère les échecs successifs des récents sommets européens. "Il y en a eu plus de 20 et ils n’ont rien solutionné. Cela ne peut pas fonctionner. Il faut faire un pas en avant vers une véritable Europe fédérale, sinon l’euro est voué à disparaître".

"Un gouvernement européen, un Président et deux Chambres"

Guy Verhofstadt propose une révision en profondeur des institutions. "La Commission doit devenir un véritable gouvernement dont le Président serait élu directement. Il faut aussi deux Chambres : un Parlement représentant la population et une nouvelle Chambre représentant les Etats membres".

"Il faut redessiner la démocratie européenne"

Pour Guy Verhofstadt, les critiques envers l’Europe sont fondées. "La légitimité démocratique doit être renforcée. Il faut installer une véritable démocratie européenne où les citoyens pourront financer directement l’Europe, se sentiront responsables et obtiendront un contrôle".

Parallèlement, pas question de "tomber dans le piège de l'identité nationale", souligne-il. "L'identité nationale est le dernier habillage de la vieille idéologie nationaliste".

L'ouvrage de 158 pages se compose pour moitié du manifeste et pour moitié d'un entretien avec le journaliste du quotidien français Libération, Jean Quatremer - lui-même fédéraliste européen convaincu.

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