"La recapitalisation de Dexia se précise"

La banque franco-belge Dexia "perd de l'argent" et va avoir besoin rapidement d'une recapitalisation, a déclaré son administrateur délégué Karel De Boeck cité samedi par les quotidiens belges l'Echo et De Tijd.

"Chaque jour qui passe nous rapproche de l'échéance, puisque Dexia continue de perdre de l'argent. Nous planchons donc sur une augmentation de capital", a-t-il confié. "Les Etats y travaillent, tout comme les banques nationales et Dexia. Nous étudions différents modèles", a-t-il ajouté.

Karel De Boeck n'a pas été en mesure de donner plus de précision. "Je ne sais pas si ce sera avant la fin de l'année ou début 2013", a-t-il reconnu. Il ne s'est pas non plus étendu sur le montant de la recapitalisation.

Les autorités belges ont évoqué une fourchette entre 5 et 10 milliards d'euros, selon le quotidien L'Echo.
Début août, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) Luc Coene, avait estimé que Dexia pourrait avoir rapidement besoin d'une recapitalisation de capital, après avoir subi une perte de 1,2 milliard d'euros au premier semestre.

"Nous travaillons soit sur une augmentation de capital récurrente chaque année, soit sur une opération ‘one shot’. Nous étudions aussi comment Eurostat va traiter l'opération selon les scénarios", a indiqué Karel De Boeck.

La Belgique devrait être seule, avec la France, à contribuer à l'opération qui pourrait avoir d'importantes implications sur le budget de l'Etat, ainsi que sur sa dette, a souligné le quotidien l'Echo. Si Eurostat considère l'intervention comme une dépense, la Belgique devrait adopter de mesures d'économies pour satisfaire aux normes budgétaires.

Dexia a engagé un plan de démantèlement depuis fin 2011. La banque a annoncé vendredi la finalisation de la cession de sa filiale luxembourgeoise BIL pour 730 millions d'euros à un fonds qatari, après avoir procédé à une augmentation de capital de 204 millions d'euros.

Elle a également procédé la semaine dernière à la cession de sa filiale turque DenizBank à la russe Sberbank pour un montant proche de 3 milliards d'euros. Elle a enfin supprimé 312 postes sur 1.100 en France dans le cadre de la réorganisation de ses activités locales.

La Commission européenne a consenti le 26 septembre à la prolongation jusqu'au 31 janvier 2013 de la garantie temporaire de 55 milliards d'euros octroyée par la France, la Belgique et le Luxembourg pour permettre le démantèlement du groupe de manière ordonnée.

La Belgique, qui participe à la garantie à hauteur de 60,5%, contre 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg, souhaiterait que la France prenne à sa charge une plus grosse part du fardeau.