Jean-Denis Lejeune rencontrera Michelle Martin

Le papa de Julie Lejeune - l’une des fillettes victimes de Marc Dutroux au milieu des années 1990 - a finalement accepté une entrevue de médiation avec l’ex-épouse du pédophile. Le tribunal d’application des peines de Mons a accepté pour ce faire d’adapter l’une des conditions de libération de Michelle Martin. Cette dernière avait chargé son avocat d’informer Jean-Denis Lejeune qu’elle voulait lui parler, après que le papa de Julie lui ait écrit une lettre demandant de connaître la vérité sur l’enlèvement et la mort de sa fille de 8 ans.

Pour rappel, Julie Lejeune et son amie Melissa Russo avaient été enlevées en 1995 par le pédophile Marc Dutroux (photo), qui les avait enfermées dans la cave de l’une de ses maisons, spécialement aménagée. Mais entre décembre 1995 et mars 1996, Dutroux devait purger une peine de prison et son épouse Michelle Martin n’entreprit rien pendant cette absence pour libérer les deux fillettes. Elle les laissa même mourir de faim.

Entretemps, Martin - qui a divorcé de Dutroux - a été condamnée en 2004 à 30 ans d’emprisonnement pour complicité dans des enlèvements et séquestrations d’enfants. En août dernier, elle a cependant bénéficié d’une libération conditionnelle et est hébergée depuis par les Sœurs Clarisses de Malonne (province de Namur).

Fin août, Jean-Denis Lejeune avait adressé une lettre à Michelle Martin (photo), l’interrogeant sur les circonstances qui ont conduit au décès de sa fille Julie, la pressant de répondre aux questions en évoquant une souffrance « qui enchaîne pour l’éternité, qui vous use comme un cancer, qui vous tue à petit feu, qui vous amène à désespérer, à ne plus croire en rien ». Dans cette lettre, Lejeune expliquait avoir refusé de participer à une tentative de médiation demandée par Michelle Martin. Il refusait d’entendre une demande de pardon et ne voulait pas se montrer un père meurtri.

L’avocat de Martin avait répondu que sa cliente répondrait à sa lettre, mais dans la discrétion. Fin septembre, on apprenait ainsi que Martin avait adressé une lettre à Lejeune, via son avocat, lui proposant de la rencontrer à Malonne, au couvent des Sœurs Clarisses. Le papa de Julie avait alors affirmé ne pas se sentir prêt pour cette rencontre, craignant ses propres réactions, mais au terme de quelques temps de réflexion, Jean-Denis Lejeune a finalement accepté de rencontre l’ex-épouse de Marc Dutroux.

"Il y a eu un chemin. C'est une démarche difficile, mais je la ferai et je serai digne jusqu'au bout", a-t-il expliqué mercredi soir sur la chaîne privée RTL-TVi. "Michelle Martin est sortie de prison, elle n'est plus sous l'emprise de son ex-mari. Peut-être qu'elle a changé. S'il y a encore une cellule d'humanité en elle, c'est peut-être une chance de me raconter ce qui s'est vraiment passé."

Le TAP de Mons accepte la rencontre

Ce jeudi matin, le tribunal de l’application des peines de Mons (TAP) a accepté d’adapter l’une des conditions de libération de Michelle Martin pour que celle-ci puisse entrer en contact avec Jean-Denis Lejeune, le papa d’une des victimes. Elle avait introduit le 5 octobre dernier cette demande d’adaptation.

La condition initiale de la libération était que Michelle Martin "n'a pas à entrer en contact avec les victimes ou leurs ayant-droits de quelque manière que ce soit. En cas de rencontre fortuite, elle doit s'éloigner d'initiative". S'ajoute cependant une exception: la médiation acceptée par les deux parties. Cette médiation s'effectue via l'association "Médiante" qui, elle-même, s'était prononcée en faveur d'une adaptation à l'une des conditions de libération.

Michelle Martin aurait posé comme condition à la rencontre que ses propos à Jean-Denis Lejeune ne soient pas rapportés à autrui.