"La Belgique critique le Rwanda en s’abstenant de voter"

Jeudi dernier, lors de l’élection du Rwanda au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2013/14, la Belgique s’est abstenue, en raison du soutien apporté par Kigali à une rébellion active dans l’est de la RDC, a indiqué le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR). Sa déclaration faisait suite à l’entretien (photo) qu’il a eu ce lundi matin à Bruxelles avec le Premier ministre congolais Augustin Matata.

Le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon effectue actuellement une visite de cinq jours en Belgique et en Allemagne. Il s’agit de sa première visite à Bruxelles. Il devait y rencontrer, notamment, divers membres du gouvernement fédéral, mais aussi le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et plusieurs commissaires européens. Il se rendra ensuite à Berlin.

Ce lundi matin, le Premier ministre congolais rencontrait le ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR). A l’issue de cette entrevue, Didier Reynders a déclaré que la Belgique s’était abstenue jeudi dernier de voter, lors de l’élection du Rwanda au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2013/14. Elle voulait ainsi protester contre le soutien apporté par Kigali à une rébellion active dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Nous nous sommes abstenus pour marquer le coup », a précisé le chef de la diplomatie belge. Une abstention revient « en bout de course à une opposition » à la candidature du Rwanda. Le pays a pourtant été élu membre non permanent pour une durée de 2 ans, par 148 voix sur un total de 193 pays membres de l’Assemblée générale, en dépit d’un rapport confidentiel mais accablant sur son soutien à la rébellion du mouvement M23 (photo) dans l’est de la RDC.

Kigali a toujours démenti ces accusations. Juste avant le vote, jeudi dernier, la délégation congolaise à l’ONU avait objecté, mais sans succès, que le Rwanda n’était pas digne de siéger au Conseil de sécurité en raison de son « rôle déstabilisateur » sur son territoire.

Augustin Matata a réitéré cet argument ce lundi, lors d’un point de presse conjoint avec le ministre des Affaires Etrangères Reynders.