Ford Genk fermera ses portes en 2014

Au cours d’un conseil d’entreprise extraordinaire organisé ce mercredi matin à Genk, le constructeur automobile américain a communiqué son intention de fermer son usine limbourgeoise fin 2013 ou début 2014. Ford Genk terminera encore le cycle de production en cours - des modèles Mondeo, S-Max et Galaxy -, mais ne pourra pas assembler les nouveaux modèles de ces trois voitures. La direction avait pourtant fait des promesses toutes autres il y a quelques semaines seulement. La fermeture entraînera plus de 4.300 pertes d’emplois sur le site, et affectera également 5.000 emplois indirects chez des sous-traitants.

Comme les syndicats et beaucoup de travailleurs de Ford Genk le craignaient, depuis l’invitation à assister ce mercredi matin à un conseil d’entreprise extraordinaire, et aussi comme le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung l’avait indiqué ce mardi, la direction européenne du constructeur automobile américain a annoncé vers 9h00 à Genk son intention de fermer l’usine limbourgeoise fin 2013 ou début 2014.

La fermeture aura lieu à la fin du cycle de production actuel des modèles Mondeo, S-Max et Galaxy. Contrairement aux promesses faites il y a quelques semaines seulement par la direction européenne, les nouveaux modèles de la Mondeo, la S-Max et la Galaxy ne seront pas assemblés à Genk. La production devrait en effet être délocalisée vers Valence, en Espagne.

La très mauvaise nouvelle a été annoncée aux syndicats et au personnel de Ford Genk par la direction locale, la direction européenne ne s’étant pas déplacée jusqu’au site limbourgeois. Elle devait cependant rencontrer ce mercredi encore les syndicats.

La direction européenne de Ford rencontrera aussi ce mercredi après-midi à Bruxelles le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) et le Premier ministre belge Elio Di Rupo (PS).

Près de 10.000 emplois menacés

Les syndicats parlent d’une "pilule très amère pour l’ensemble de la région et surtout pour les travailleurs et leur famille". L’usine automobile limbourgeoise emploie en effet actuellement plus de 4.300 personnes. On compte également quelque 5.000 emplois dans des entreprises de sous-traitance pour Ford Genk, qui dépendent donc de très près de l’avenir de l’usine.

Hasard cynique du calendrier, il y a exactement 50 ans ce 24 octobre que la première pierre de l’usine Ford à Genk était posée. A son apogée, elle emploiera 14.000 travailleurs et produira notamment les modèles Taunus, Capri, Sierra, Escort, puis la Mondeo depuis le milieu des années 1990.

Mais des problèmes sociaux, une surproduction généralisée dans l’industrie automobile, puis la crise économique ont progressivement entraîné la perte de milliers d’emplois sur le site limbourgeois. En novembre 2010, un contrat d'avenir était cependant signé entre la direction internationale de Ford et le gouvernement flamand. Ford Genk obtenait ainsi la confirmation que son usine pourrait produire les trois nouveaux modèles.

Mais mi-septembre dernier, le Wall Street Journal écrivait que Ford préparait un plan de restructuration pour l'Europe et que ce plan pouvait signifier la fermeture de Ford Genk. Ces rumeurs étaient néanmoins rapidement démenties. Le nouveau vice-président de Ford Europe, Jeff Wood, débarquait en effet à Genk et confirmait aux syndicats que l'investissement prévu dans l'usine allait se poursuivre. Il était même question de produire peut-être à partir d'octobre 2013 la nouvelle Mondeo sur le site de Genk.

Depuis lundi, la production avait été interrompue sur le site limbourgeois en raison d’une surproduction. Les travailleurs devaient être en chômage économique pour trois semaines.