Kris Peeters: "Ford n’a pas tenu sa promesse"

Au terme d’une entrevue, ce mercredi après-midi à Bruxelles, avec la direction européenne du constructeur automobile américain Ford qui a annoncé la fermeture de l’usine de Genk pour 2014, le ministre-président flamand Kris Peeters (photo principale) s’est dit sidéré et indigné par ce qu’il qualifie de "parjure". Le gouvernement flamand étudie la possibilité de réclamer à Ford les 50 millions d’euros investis dans le Contrat d’avenir. Au terme de son entrevue avec la direction de Ford Europe, le Premier ministre Elio Di Rupo a déclaré pour sa part que la phase de consultation de la procédure Renault a débuté.

"C'est une douche froide. Nous avons tout fait pour que Ford Genk reste ouvert", a déclaré ce mercredi le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) à l'issue de sa réunion avec la direction de Ford Europe. Le gouvernement flamand, estime que le constructeur automobile américain est revenu sur ses engagements formulés en 2010 et sur les propos tenus aux syndicats en septembre dernier. Kris Peeters parle même d'un "parjure".

D'après le CEO de Ford Europe, Stephen Odell, la décision de fermer Ford Genk est principalement basée sur la surcapacité du marché et sur le fait que l'usine limbourgeoise ne fonctionne pas à plein régime, a expliqué Kris Peeters. "C'est un coup de massue, un cauchemar pour les plus de 4.300 travailleurs, leurs familles et pour les travailleurs des sous-traitants. Cela concerne au total 10.000 personnes. C'était un coup de tonnerre dans un ciel clair", a déclaré Kris Peeters.

Il y a deux ans, le gouvernement flamand avait conclu avec la direction de Ford un Contrat d'avenir qui, en échange d’un soutien financier flamand de plus de 50 millions d’euros, garantissait à l’usine limbourgeoise la construction dès 2013 de nouveaux modèles du constructeur. "Comment est-ce possible que la situation se soit tant détériorée sur une si courte période?", s'insurge Kris Peeters.

Le gouvernement flamand a aussi investi 43,5 millions d'euros ces dix dernières années. "Nous allons étudier la possibilité de récupérer cet argent", est-il ressorti. Les plus de 30 millions d'euros d'investissements prévus dans le Contrat d’avenir principalement pour la nouvelle Mondeo ne seront plus accordés, selon le ministre-président flamand.

Kris Peeters devait aussi rencontrer ce mercredi après-midi le gouverneur du Limbourg, la députation permanente de la province touchée, le bourgmestre de Genk Wim Dries (CD&V) et les partenaires sociaux. Il s’agissait de réfléchir sur la façon de compenser l’importante perte d’emplois dans la province et de développer de nouvelles sources d’emplois pour relancer l’économie limbourgeoise.

"Coup dur pour l’économie belge"

Le Premier ministre Elio Di Rupo (photo, à dr.) s’entretenait également ce mercredi avec la direction européenne de Ford, à Bruxelles. A l’issue de cette entrevue, il a déclaré que la phase de consultation de la procédure Renault a débuté. "Cela signifie que la décision de fermer Genk n'est actuellement pas définitive", a ajouté le vice-premier ministre Steven Vanackere (photo, à g.). "Nous avons le devoir moral d'étudier si cette vague de licenciements peut encore être évitée."

Elio Di Rupo a parlé d'un "drame pour les travailleurs de Ford et des sous-traitants. C'est un coup dur pour l'économie belge dans son ensemble. Je comprends la colère et l'incompréhension des travailleurs." Et de préciser : "J'ai rappelé à la direction de Ford ses devoirs et ses obligations en tant qu'employeur ».

Le Premier ministre a par ailleurs appelé à une collaboration entre les autorités concernées pour "assurer un accompagnement optimal des travailleurs" et pour "trouver de nouvelles activités économiques pour la région". Il a assuré que le gouvernement fédéral soutiendrait "toutes les initiatives que les autorités régionales, provinciales et communales prendront à cet effet".

Le ministre des Finances, Steven Vanackere, a relevé que la décision de Ford Europe n'est pas définitive. "Si Ford devait la présenter comme définitive, elle serait contraire à la loi belge", précise-t-il. "Nous devons naturellement reconnaître que les signaux sont inquiétants ».. Divers membres du gouvernement fédéral, dont Steven Vanackere et le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders, ont évoqué ce mercredi le dossier Volkswagen Forest. La fermeture de l'usine a pu être évitée il y a quelques années en la transformant en une petite mais performante fabrique Audi Brussels.