Le saut d'index ne constitue plus un tabou

Les membres du Comité ministériel restreint, régulièrement réunis ces derniers jours en conclave budgétaire, ont interrompu leurs travaux dimanche vers 17h30. Ils se reverront demain lundi à partir de 12h au Lambermont.

Après avoir examiné samedi les dépenses primaires, les principaux ministres du gouvernement s'étaient réservés dimanche les chapitres "Recettes fiscales" et "Sécurité sociale".

Alors que la Belgique a connu une semaine difficile sur le plan de l'emploi, la situation économique, sociale mais également budgétaire faisait l'objet dimanche de débats sur les plateaux de télévision.
Sur la VRT, lors de l’émission "De zevende dag, Raf Terwigne (CD&V) s'est dit ouvert à une discussion sur un saut d'index. Mais "prudence", a-t-il dit, soulignant que la mesure "pourrait rapporter 2,4 milliards d'euros" mais également "coûter de nombreux emplois", selon certaines études. Par ailleurs, elle n'aiderait pas beaucoup en 2013, a-t-il relevé, une indexation n'étant pas attendue avant la fin de l'année. 

De Wever: "La Flandre se wallonise"

De son côté Patrick Dewael (Open VLD) a répété que son parti plaidait depuis longtemps afin de diminuer les charges salariales. Il a estimé qu’il fallait prendre "des mesures anti-crises afin de renforcer la position concurrentielle de notre pays".
Pour la chef de groupe SP.A à la Chambre, Karin Temmerman, le saut d'index n'est "vraiment pas" envisageable.
Enfin, le président de la N-VA Bart De Wever n'y a pas été par quatre chemins. Il a appelé à la réalisation de "profondes réformes", suivant le modèle allemand, alors que la Belgique se "wallonise". Il a ajouté qu’il supposait "que le gouvernement Di Rupo allait instaurer de nouvelles augmentations d’impôts afin de boucler son budget 2013".

Un leader syndical socialiste flamand, Jos Digneffe, y a vu un appel à la haine. "Les Wallons semblent être devenus les nouveaux Juifs", a-t-il dit sur sa page Facebook. "alors qu’un nouveau leader aux principes racistes (antiwallons) se manifeste. Je ne l’ai pas entendu critiquer ses amis Anglais qui n’ont pas eu le courage de se rendre à Genk pour expliquer ce qui allait se passer à l’usine Ford".

Les banques disposées à aider les travailleurs

Febelfin, l'association belge des banques, est disposée à venir en aide aux travailleurs licenciés par Ford Genk qui doivent faire face à des remboursements d'emprunts, a indiqué dimanche le ministre-président flamand Kris Peeters, après une concertation avec leurs représentants.

Des mesures concrètes devraient être décidées lors d'une prochaine réunion, le 13 novembre prochain.
"Ils sont disposés à étudier les possibilités d'amortissement des emprunts hypothécaires ou des simples emprunts", a indiqué M. Peeters dans l'émission De zevende dag. "Ils vont examiner s'ils ne peuvent pas faire valoir une règle générale qui pourrait s'appliquer aux ouvriers de Ford Genk, aux fournisseurs de l'entreprise et d'autres entreprises qui se verraient contraintes de fermer leurs portes."