Le polder Hedwige sera finalement inondé

Le ministre-président flamand, Kris Peeters, s'est réjoui lundi de la décision prise dimanche par les deux partis qui formeront le prochain nouveau gouvernement de coalition aux Pays-Bas, les libéraux du VVD et les travaillistes du PvdA, d'inonder le polder Hedwige, situé en Zélande.

Le polder Hedwige, un espace de 300 hectares, se trouve dans la région sud des Pays-Bas, en Zélande à l’embouchure de l’Escaut. L’inondation de ce polder est attendue depuis des années en Flandre. L’enjeu est surtout économique.

Les accords de l'Escaut, conclus en 2005 entre la Flandre et les Pays-Bas, stipulaient que l'Escaut occidental allait être approfondi et qu'en compensation pour la nature, le polder Hedwige, à cheval sur la frontière et livré à l'agriculture, disparaîtrait sous les eaux.

Cette compensation a suscité une levée de boucliers aux Pays-Bas, où le sujet de la dépoldérisation est très sensible.
Les Pays-Bas sont revenus sur les accords de l'Escaut lors de l'installation du précédent gouvernement, dirigé par le Premier ministre Mark Rutte, en octobre 2010, bloquant le dossier.

Et l'équipe de Mark Rutte avait décidé de le renvoyer au gouvernement qui sortirait des élections législatives anticipées du 12 septembre.

Le VVD et le PvdA ont finalement décidé dimanche de rendre le polder à la nature - en dépit de l'opposition du propriétaire.
Selon le ministre-président flamand Kris Peeters, la non-inondation du polder Hedwige menacerait les travaux de dragage nécessaires au maintien de l'accès au port d'Anvers des navires de grande taille.

 En Zélande, les comités pour le maintien des polders ont décidé de ne pas baisser les bras. Des actions juridiques pourraient être entamées.

"Il faut désormais voir comment ce point figurera concrètement dans l'accord de gouvernement et comment il sera exécuté", a affirmé Kris Peeters à propos de ce dossier qui empoisonne depuis de nombreuses années les relations entre La Haye et la Flandre.