Polémique autour de la "wallonisation" de la Flandre

En évoquant sur la VRT la "wallonisation" de l'économie flamande, Bart De Wever a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Il s’est aussi attiré les foudres d'un ancien syndicaliste flamand à la SNCB, Jos Digneffe, qui a vu dans son propos un caractère raciste.

Les propose de Bart de Wever ne sont pas passés inaperçus lors d’un débat sur les réformes économiques nécessaires après la fermeture annoncée de l’usine Ford de Genk, ce dimanche dans l’émission De zevende dag. Le président de la N-VA a attribué la fermeture de l’usine d’assemblage à la wallonisation de l’économie flamande.

"Les Wallons d'aujourd'hui semblent être les Juifs d'hier"

"Je pense que le cas de Ford Genk révèle un cercle vicieux. Nous n’avons pas réformé notre marché de l’emploi, notre droit du travail, notre fiscalité. Nous ne l’avons pas fait parce que le PS (Parti Socialiste) l’a refusé et notre économie se wallonise . C’est l’image utilisée par l’économiste Geert Noels. La Flandre se wallonise" a déclaér Bart De Wever.
Cette déclaration a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. Jos Digneffe (photo), l’ancien syndicaliste socialiste à la SNCB a estimé sur sa page Facebook que cela avait assez duré. Selon "qui d'autre que Bart De Wever la Wallonie est-elle responsable de la fermeture de Ford? ", s'est-il interrogé. "Notre économie se wallonise" selon "cette espèce de semeur de haine", a-t-il rapporté avant de s'emporter en concluant qu'"un grand leader mû par des principes racistes (anti-Wallons) s'est levé. Les Wallons d'aujourd'hui semblent être les Juifs d'hier".

Johan van Overtvelt de Trends s’est empressé de tweeter que le syndicaliste socialiste montrait là sa vraie nature.
Arnold Seynnaeve de la N-VA de Wevelgem (Flandre occidentale) a exigé sur Facebook les excuses de Jos Digneffe.
De son côté Bart De Wever a réagi auprès de l’agence Belga. Il assume sa sortie et s'explique.

"Il nous faut des réformes à l'allemande"

Non, la Wallonisation ne sous-entend pas, dans son esprit, que tout serait la faute des Wallons, a-t-il assuré. Mais, appelant à des réformes économiques structurelles telles que l'Allemagne les a réalisées, il veut en finir avec "des dépenses publiques sans cesse plus importantes, des actions syndicales de plus en plus dures, une atmosphère négative vis-à-vis des entrepreneurs et un nombre toujours plus grand de personnes dépendant d'allocations de remplacement”. Le président de la N-VA a estimé que cette réaction était "peu sportive", à l'image de la tête de porc qui lui a été adressée durant le week-end ou des menaces de mort visant le futur bourgmestre N-VA de Turnhout.
"Celui qui appelle au changement doit parfois pouvoir faire face à des réactions dénuées de sportivité. Espérons que nous en resterons là", a dit Bart De Wever.
Le syndicat socialiste a déclaré qu’il prenait ses distances vis-à-vis des propos tenus par Jos Digneffe.