Une clé ouvrant 180 cellules a disparu à Louvain

La prison de Louvain secondaire (Leuven Hulp) a perdu depuis une semaine déjà une clé capable d'ouvrir les portes des 180 cellules. Le personnel craint que l'un des prisonniers soit en possession du sésame. La direction a tenté dans un premier temps de taire l'incident, mais plusieurs serrures cruciales sont en train d'être remplacées. Depuis la révélation de cette disparition, le directeur de la prison a été mis en congé. Le personnel a dès lors débrayé.

Le trousseau en question, qui appartenait en fait aux aumôniers, est recherché depuis jeudi dernier. Deux clés très importantes y étaient attachées: le passe-partout ouvrant les portes des 180 cellules et celui permettant d'ouvrir les 20 portes séparant les différentes sections.

"Celui qui le possède peut circuler où il veut entre les murs de la prison", indique-t-on au sein du personnel. La clé ne permet toutefois pas d’ouvrir la grande porte d’entrée. Par souci de précaution, les serrures des 20 portes séparant les sections sont en train d’être remplacées. Le directeur de l’établissement, Paul Dauwe, espère que la clé sera rapidement retrouvée. Si tel n’est pas le cas, les serrures des 180 cellules devront à leur tour être remplacées.

En théorie, la perte de telles clés doit être immédiatement signalée à la Direction des établissements pénitentiaires à Bruxelles, mais on aurait hésité à le faire. Entre-temps, on ignore toujours comment les clés ont disparu et qui les a en sa possession. On ne sait pas non plus si elles ont été dérobées ou tout simplement égarées. "Il n'y a pas de contrôle direct sur l'armoire dans laquelle elles sont conservées", précise-t-on.

Le directeur mis en congé, le personnel débraie

Le personnel de la prison de Louvain secondaire a finalement débrayé, peu après midi, pour témoigner de son soutien au directeur de l'établissement, Paul Dauwe, qui a été mis en congé après cet incident. L'action n'est pas reconnue par les syndicats, a indiqué Luc Neyrinck (ACV).

La direction générale fait état d'une ambiance tendue au sein de la prison et veut dès lors réaliser une analyse de son fonctionnement.

La mise en congé temporaire du directeur n'a pas été appréciée par le personnel, mais plusieurs syndicats refusent de soutenir le mouvement de grève. "Nous voulons nous en tenir au protocole que nous avons signé", explique M. Neyrinck. "Si une concertation a lieu, nous y participerons, mais nous ne reconnaissons pas le mouvement à l'heure actuelle."