Une promotion pour le patron de Ford Europe

Stephen Odell (photo principale) s’est vu confier de nouvelles fonctions au sein du groupe automobile américain. Le président et CEO de Ford Europe, qui a décidé la semaine dernière de la fermeture de l’usine Ford à Genk en 2014 pour contrecarrer une surproduction, devient vice-président exécutif et président de Ford Europe, Moyen-Orient et Afrique. La réaction des syndicats de Ford Genk est amère.

Le Britannique Stephen Odell a débuté il y a 32 ans chez Ford en tant que stagiaire et a progressivement grimpé les échelons de la hiérarchie au sein de l’entreprise américaine de construction automobile. Il y est d’ailleurs apprécié pour la façon dont il a mené la vente de la filiale Volvo et pour sa contribution à l’assainissement de Mazda Motor, une filiale de Mazda Japan.

En tant que CEO de Ford Europe, Odell est responsable de la restructuration qui a sonné le glas de trois usines européennes : celle de Genk (photo), dans le Limbourg, et celles de Southampton et Dagenham en Grande-Bretagne. Quelque 6.000 personnes (dont 4.300 à Genk) se retrouveront ainsi sans emploi, tout comme plusieurs milliers de personnes qui travaillent pour des sous-traitants du constructeur automobile.

Le groupe Ford ne se porte pas bien en Europe à l’heure actuelle. Tout comme ses concurrents, il souffre d’une surproduction. Mais malgré les pertes enregistrées en Europe, Ford a réalisé au trimestre dernier à l’échelle mondiale un bénéfice de 1,6 milliard de dollars. Ces chiffres sont surtout à attribuer à des bénéfices importants en Amérique du Nord, où la vente de voitures a augmenté de 12% - l’un des meilleurs résultats depuis l’an 2000.

Stephen Odell vient donc d’être promu par la direction américaine du groupe au poste de vice-président exécutif et président de Ford Europe, Moyen-Orient et Afrique.

"C’est particulièrement cynique"

Les syndicats de l’usine Ford Genk se montrent très amers face à l’importante promotion accordée à Stephen Odell. Dans les pages du quotidien Het Laatste Nieuws, le syndicaliste Rhonny Champagne (FGTB Métal, photo) estime que la nouvelle est empreinte de beaucoup de cynisme et représente « une gifle pour les milliers de personnes qui vont perdre leur emploi ».

Le syndicaliste Mario Versavel (ACLVB) juge « scandaleux que quelqu’un qui a causé tant de drames puisse encore être promu. Qu’il ait d’abord le courage de venir expliquer aux travailleurs sur quoi se base sa décision » de fermer Ford Genk d’ici 2014. On se souviendra que le CEO de Ford Europe n’était pas venu annoncer lui-même la fermeture de l’usine lors du conseil d’entreprise extraordinaire de la semaine dernière à Genk, mais qu’il avait fait lire un communiqué par la direction locale de l’usine limbourgeoise.