Espagnols et Portugais invités à travailler en Flandre

L’office flamand de l’emploi et de la formation professionnelle VDAB a publié le résultat de ses premières démarches de recherche active, dans des pays étrangers, de candidats pour des domaines dans lesquels la main-d’œuvre qualifiée fait défaut en Belgique. Via une bourse à l’emploi au Portugal, quelque 36 ingénieurs ont ainsi été engagés, et une journée de l’emploi en Espagne a permis de recruter au moins 12 infirmières.

Dans des domaines d’activité tels que les sciences et les technologies de l’information et de la communication, des milliers d’emplois sont vacants en Belgique et ne trouvent pas de candidats adéquats. C’est la raison pour laquelle l’office flamand de l’emploi VDAB et 17 entreprises flamandes se sont rendus en mai dernier à une bourse de l’emploi à Lisbonne, capitale du Portugal, pour tenter d’y recruter des candidats qui disposent de la formation professionnelle adéquate.

Au Portugal, le taux de chômage des jeunes dépasse 30%. Nombre d’ingénieurs et d’informaticiens qui ont terminé leurs études ne parviennent pas à trouver du travail dans leur pays.

Six mois après la bourse à l’emploi à Lisbonne, 12 des 17 entreprises flamandes qui s’y sont rendues sont parvenues à engager un total de 36 jeunes qualifiés portugais. En septembre et octobre derniers, une délégation d’entreprises flamandes et le VDAB étaient à nouveau présents à plusieurs bourses à l’emploi au Portugal. Les résultats de ces démarches-là ne sont pas encore connus.

En juin dernier, le VDAB a également organisé en Espagne une journée de recrutement pour des infirmières locales, en collaboration avec son homologue espagnol INEM. La Flandre manque en effet cruellement de personnel soignant, alors que l’Espagne ne peut donner du travail à tout son personnel qualifié. Quatre employeurs flamands ont pris part à la bourse. Ils ont pu rencontrer 400 candidats, qui avaient été sélectionnés par l’INEM.

Le premier résultat concret de cette collaboration avec l’Espagne est l’engagement de 12 infirmiers et infirmières. Depuis septembre, ils ont commencé à travailler en Flandre. Pour 35 autres candidats espagnols, la procédure de sélection n’est pas encore terminée. Contrairement aux ingénieurs - pour lesquels la langue de travail est souvent l’anglais -, le personnel soignant venu d’Espagne doit apprendre le néerlandais et suit donc des cours de langue intensifs, payés par leur employeur.

Pour l’an prochain, le VDAB a programmé une présence à deux autres bourses à l’emploi, en Espagne et en Pologne. Pour ce faire, l’office flamand de l’emploi travaille en étroite collaboration avec des homologues étrangers.

A côté du travail de recherche mené par le VDAB, diverses bureaux d’intérim et de recrutement engagent déjà depuis quelques temps à l’étranger du personnel soignant et du personnel qualifié qui manque dans certains domaines en Belgique.

"Aider à trouver du travail au-delà des frontières"

« Les ingénieurs et les infirmières sont des profils professionnels que nous ne trouvons pas facilement en Flandre pour l’instant », explique Gert De Buck, expert en mobilité professionnelle au VDAB, qui participe à l’organisation de bourses à l’emploi. « En Espagne et au Portugal, on trouve par contre un grand nombre de ces profils, et l’offre dépasse la demande ».

« L’Espagne et le Portugal prennent eux-mêmes aussi des initiatives pour aider de jeunes diplômés qui n’ont pas de travail à domicile, afin qu’ils décrochent un emploi au-delà de la frontière. Les autorités ont donc aidé à l’organisation de nos bourses à l’emploi. L’intérêt manifesté pour ces bourses et le résultat qui en a émergé correspondent certainement à ce que nous avions espéré », indique De Buck.

A la lumière de la récente vague de licenciements annoncés en Belgique, la question se pose cependant de rechercher plutôt en Flandre qu’à l’étranger des gens qui pourraient remplir les places vacantes dans ces secteurs. « Une action de recherche en Espagne ou au Portugal ne se justifie que lorsque la réserve de main-d’œuvre qualifiée en Flandre a été épuisée autant que possible, que lorsque le manque de candidats est effectif. Mais pour ces secteurs d’activité, c’est effectivement le cas ».