Fin de la coopération belgo-rwandaise

La Belgique a virtuellement suspendu sa coopération militaire avec le Rwanda, un pays mis en cause par des experts de l'ONU pour son soutien à une rébellion active dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

La Belgique et le Rwanda ont conclu en 2004 un programme de partenariat militaire (PPM), portant principalement sur la formation de militaires rwandais - dont certains sont élèves-officiers au sein de l'Ecole royale militaire (ERM) à Bruxelles - ainsi que sur le sport, la recherche et la collaboration en ce qui concerne les grands brûlés. En mai dernier, deux militaires belges ont ainsi été envoyés à l'hôpital militaire de Kigali pour une durée de huit semaines afin d'y assister les spécialistes locaux en médecine tropicale.

Mais Kigali a été mis en cause pour son soutien au Mouvement du 23 mars (M23), un groupe surtout composé de mutins ex-rebelles tutsis intégrés dans l'armée en 2009.

Selon des experts de l'ONU, le M23 est soutenu par le Rwanda et l'Ouganda voisins, qui démentent ces accusations. La Belgique a dès lors décidé de suspendre sa coopération militaire avec le Rwanda, ont indiqué les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders (MR) et Pieter De Crem (CD&V).

Les dernières formations qui devaient encore être dispensés en Belgique en 2012 et qui relevaient du domaine médical ont été supprimées. Aucune nouvelle activité avec le Rwanda n'a été planifiée dans le cadre du PPM pour l'année 2013, a précisé M. De Crem, mercredi en commission de la Chambre. Il a toutefois souligné que "le fait de suspendre des activités de formation s'échelonnant sur cinq ans pour les élèves rwandais à l'Ecole royale militaire ne semble pas opportun et pourrait avoir des effets contre-productifs".

M. De Crem (photo) a assuré ne plus avoir eu de contact avec mon homologue rwandais (le général James Kabarebe) depuis la publication du rapport des Nations unies. Le ministre rwandais de la Défense est directement mis en cause dans le dernier rapport d'experts de l'ONU, qui va jusqu'à affirmer qu'il commande "de facto" la rébellion du M23.

Le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a confirmé dimanche que la suspension de la coopération militaire avec le Rwanda résultait d'une concertation avec son collègue de la Défense.

"On ne va pas former des militaires qui pourraient contribuer à la déstabilisation" de la RDC, a-t-il affirmé à l'agence BELGA, ajoutant que la question des sanctions envers Kigali serait examinée le 19 novembre par les ministres européens des Affaires étrangères.