Les allocations familiales devenues insuffisantes ?

Le système belge d’allocations sociales est onéreux et n’est plus suffisamment efficace pour lutter contre la pauvreté qui touche aussi les enfants. En comparaison, la plupart des autres pays d’Europe occidentale ont une meilleure politique en la matière. C’est ce que révèlent deux études du Centre pour la politique sociale (CBS) de l’université d’Anvers (UA), qui sont décrites ce lundi dans le quotidien De Standaard.

A l’heure actuelle, les allocations familiales sont encore du ressort de l’Etat fédéral. Mais selon les accords concernant la nouvelle réforme de l’Etat, cette compétence sera transférée aux états fédérés.

Sur base de son analyse, le Centre pour la politique sociale de l’université d’Anvers estime que ce serait l’occasion de revoir et repenser le système des allocations familiales. Autrefois, le système belge était l’un des meilleurs en Europe, mais il a maintenant vieilli, indiqueraient deux études.

La première étude du Centre a analysé l’efficacité des allocations familiales, et plus particulièrement en quelle mesure ce système peut contribuer à une réduction de la pauvreté qui touche les enfants par rapport aux efforts financiers consentis (ou combien un pays dépense pour les allocations familiales par rapport à son produit intérieur brut). Les pays scandinaves semblent avoir les systèmes les plus efficaces, contrairement aux pays du sud de l’Europe.

La Belgique obtient une cote d’efficacité de 13,7% , et se situe ainsi à la 12e place sur 15 pays analysés. Notre pays dépense autant que le Royaume Uni pour les allocations familiales, mais ne parvient à contrecarrer que 20% de la pauvreté des enfants, contre 30% en Grande-Bretagne.

Les coûts ne sont plus couverts

La deuxième étude du Centre pour la politique sociale analyse à la loupe le système belge d’aide financière aux familles, qui n’est pas seulement constitué des allocations familiales mais aussi d’abattements fiscaux. Notre pays dépense beaucoup d’argent dans ce domaine : après le Luxembourg et l’Autriche, il occupe la 3e place. Les allocations familiales représentent cette année un budget total de 6 milliards d’euros, alors que les abattements fiscaux représentent 2 milliards d’euros.

Mais malgré ces investissements importants, la Belgique ne parvient pas à faire régresser la pauvreté des enfants, ni à éviter que des enfants sombrent dans la pauvreté avec leur famille. Selon le Centre, ceci s’explique par le fait qu’il existe un système universel d’aide dans notre pays, selon lequel presque tous les salaires reçoivent autant d’allocations. Seuls les salaires les plus élevés et les plus bas reçoivent un peu moins d’allocations familiales.

Le Centre souligne en outre que les montants des allocations n’ont pas évolué en parallèle avec la prospérité. Ainsi, le but initial de ces allocations - à savoir couvrir les dépenses pour les enfants - n’est plus réalisé, sauf dans les familles qui ont beaucoup d’enfants et pour lesquelles le montant des allocations est très élevé.

Quant au but plus récent - à savoir éviter qu’un enfant ne sombre dans la pauvreté avec sa famille -, il semble également difficilement réalisable. La semaine dernière, une étude révélait en effet que le nombre d’enfants qui vivent dans une famille pauvre est passé de 15% à 18% en Belgique.