Ecoutés pendant leur rencontre, Lejeune et Martin vont porter plainte

Les avocats de Jean-Denis Lejeune et de Michelle Martin porteront plainte lundi matin au motif que leurs clients ont été écoutés par un journaliste pendant leur rencontre de médiation. Selon l'asbl Mediante, c'est un souci technique qui est à l'origine de cette fuite.

"Nous apprenons que, durant 57 minutes, les participants à la médiation ont été écoutés par un journaliste à leur insu par le biais d'un téléphone", ont indiqué Mes Georges-Henri Beauthier, avocat de Jean-Denis Lejeune, et Thierry Moreau, avocat de Michelle Martin, dans un communiqué commun.

"Il nous revient que cette conversation a été enregistrée et qu'en outre le journal en question envisagerait de publier l'échange de nos clients", poursuivent les deux avocats, sans préciser le nom de l'organe de presse qu'ils incriminent.
Mes Beauthier et Moreau rappellent que le contenu de la médiation est strictement privé et que "nos clients entendent lui conserver ce caractère".
"Cette confidentialité est, à leurs yeux, essentielle et rien ne justifie qu'il y soit porté atteinte", ajoutent-ils.

L'enregistrement de conversations téléphoniques et la diffusion de leur contenu sans l'accord de tous les participants est une infraction pénale, soulignent les deux juristes.

"Afin de garantir le secret de leur vie privée et de ce qu'ils ont échangé, nos clients ont décidé de déposer plainte du chef de l'article 314bis du Code pénal et de violation à l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales".
Selon plusieurs médias, un des deux médiateurs présents lors de l'entrevue vendredi soir aurait mal raccroché son téléphone portable et permis à un journaliste d'entendre des bribes de la conversation qui s'est tenue entre les différentes parties.
Aux yeux de Georges-Henri Beauthier, le droit de la presse exige d'identifier le responsable de cette diffusion. "Nous allons d'abord voir qui a signé l'article et si l'éditeur endosse la responsabilité... C'est une question juridique qui sera tranchée ce week-end", a-t-il précisé.
Son client Jean-Denis Lejeune avait auparavant déploré sur son profil Facebook des fuites dans la presse, alors que trois quotidiens (Het Laatste Nieuws, Sud Presse et Le Soir) ont annoncé samedi matin l'existence de l'entrevue.
L'un des médiateurs de l'asbl Médiante a pour sa part évoqué quelques détails de forme sur la rencontre auprès de l'agence Belga, mais s'est refusé à en dévoiler le contenu.
La perspective d'une médiation entre M. Lejeune et Michelle Martin a été largement médiatisée ces dernières semaines. M. Lejeune avait notamment indiqué fin octobre sur son profil Facebook qu'il comptait "tourner la page" après la rencontre.

L'asbl Médiante reconnaît avoir eu un problème de téléphone

Les fuites de la médiation entre Michelle Martin et Jean-Denis Lejeune publiées dans la presse sont consécutives à un problème technique du téléphone portable d'un des médiateurs, a indiqué Laurent Goffaux de l'asbl Mediante.

"Le téléphone portable de mon collègue est un appareil tactile qui est malencontreusement tombé par terre", a précisé, samedi, Laurent Goffaux, médiateur de l'asbl namuroise Médiante. "Mon collègue n'a pas ramassé son téléphone, et le portable a rappelé automatiquement le dernier numéro entrant - une journaliste de Sudpresse - qui lui avait téléphoné avant la rencontre et à qui il avait répondu qu'il n'avait rien à déclarer."

L'asbl Médiante réfute toute intention de briser la confidentialité de cette entrevue. "Mon collègue est dépité, consterné, mais rien de tout cela n'est intentionnel. C'est un souci technique qui est à l'origine de cette fuite", a ajouté Laurent Goffaux. "Cette situation catastrophique aurait pu arriver à n'importe quel participant de cette réunion. Ceci dit, les journaux Sudpresse auraient pu se poser une question déontologique. N'auraient-ils pas pu respecter les parties et ne pas divulguer les conversations", interroge le médiateur de l'asbl Médiante. "Notre service garde la confiance des parties."