Jean-Denis Lejeune peut tourner la page

La rencontre entre Jean-Denis Lejeune et Michelle Martin a eu lieu vendredi soir dans un lieu tenu secret à proximité du couvent de Malonne (Namur), rapportent samedi Le Soir, Het Laatste Nieuws et les journaux de Sudpresse.

Le contenu de la conversation, à laquelle le frère de Julie a également pris part durant environ 4 heures, est voué à demeurer confidentiel en vertu des accords de médiation conclus entre les deux parties.D'après Laurent Goffaux, l'un des médiateurs qui a assisté à la rencontre, celle-ci s'est déroulée "dans un climat serein", a-t-il confié au micro de la RTBF Radio.

Michelle Martin, qui a été libérée en août après 16 ans de prison, avait sollicité une rencontre avec Jean-Denis Lejeune que celui-ci avait acceptée après réflexions.

Le tribunal d'application des peines de Mons avait autorisé cette entrevue avant que l'ASBL Médiances, spécialisée dans la médiation entre victimes et auteurs de faits criminels, ne l'organise.

Les journaux Le Soir et Het Laatste Nieuws indiquent que Mme Martin a probablement maintenu sa ligne défensive, faisant valoir son "rôle marginal" dans la mort de Julie, Melissa, An et Eefje. Des nouvelles révélations de sa part pourraient en effet lui valoir une inculpation.
Sudpresse rapporte que Michelle Martin aurait fait part de sa disponibilité pour d'autres entrevues et qu'une partie de la conversation aurait tourné autour de la question de savoir ce qui allait être raconté à la presse, comment l'opinion publique allait interpréter cette rencontre. Jean-Denis Lejeune aurait posé des questions "pour les autres parents".
Sudpresse évoque les silences de l'entrevue, le calme et l'émotion qui a parfois submergé Jean-Denis Lejeune, tandis que Michelle Martin, en fin d'entretien, aurait pleuré.
Fin octobre, Jean-Denis Lejeune avait indiqué qu'il entendait "tourner la page" après cette rencontre.

Zones d'ombre

Le procès de 2004 n'avait pas levé toutes les zones d'ombre sur les circonstances de l'enlèvement de Julie et Melissa, en juin 1995, ni sur celles de leur mort. Selon Marc Dutroux et Michelle Martin, les fillettes étaient mortes pendant que le pédophile purgeait une peine de trois mois de prison et avait confié leur garde à sa femme, une version qui n'a jamais convaincu les parents des victimes.