Diminution de la taxe sur la rente nucléaire

La taxe sur la rente nucléaire que le gouvernement réclamera en 2013 aux producteurs d'électricité a été fixée à 475 millions d'euros, soit 75 millions de moins que celle de 2012, en raison de la fermeture temporaire des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2, a indiqué lundi le secrétaire d'Etat Melchior Wathelet (CDH), à l'issue d'un comité ministériel restreint.

La taxe nucléaire, prélevée depuis 2008 sur le bénéfice que font les producteurs (essentiellement Electrabel, filiale de GDF-Suez) au regard de l'amortissement des centrales, est établie sur base de la capacité de production de l'année précédente.

Les fermetures temporaires de Doel 3 (depuis juin) et Tihange 2 (16 août), affectés par des problèmes de micro-fissures dans leurs cuves et qui pourraient pour cette raison rester inactifs jusqu'en février au moins, se répercute dès lors sur le montant de la contribution.
Melchior Wathelet (CDH) a par ailleurs reçu mandat du gouvernement pour négocier avec les électriciens un mécanisme de mise à disposition de 1.000 mégawatts pour favoriser la concurrence, en lien avec la prolongation de dix ans du réacteur de Tihange 1 décidée début juillet.
L'équipe Di Rupo s'était alors accordée sur la fermeture des réacteurs 1 et 2 de Doel en avril 2015 et sur la prolongation de Tihange 1, dont la fermeture est dès lors reportée à avril 2025.
Le plan approuvé début juillet envisage aussi un mécanisme permettant d'interdire à un opérateur de fermer une centrale thermique si un besoin apparaît en termes de sécurité d'approvisionnement.
Le gouvernement a aussi précisé les garanties juridiques pour répondre aux probables recours des électriciens. "Les acteurs ont déjà prévenu qu'ils allaient intenter des procédures", a rappelé Melchior Wathelet.
Le secrétaire d'Etat souligne que, quoi qu'il en soit, le plan qu'il a déposé pour le "mix énergétique" 2015-2025 vise à créer un climat d'investissements favorable en apportant suffisamment de clarté.
La Belgique est engagée dans un calendrier de sortie du nucléaire qui oriente sa politique énergétique vers les centrales TGV (turbine-gaz-vapeur), "flexibles et de plus en plus environnementalement acceptables" selon Melchior Wathelet, ainsi que vers le renouvelable.