Entre Hollande et Di Rupo c’est la guerre des bières

Le président français François Hollande ne semble pas être prêt à revoir la hausse annoncée des accises sur la bière en France. C’est en tous cas ce qu’il a fait comprendre à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre belge Elio Di Rupo à Paris.

Le gouvernement français projette d’augmenter les accises sur la bière de 160%, ce qui fait craindre d’importantes pertes d’emplois du côté des brasseries belges. Ces dernières exportent en effet quelque 60% de leur production, dont plus de la moitié va vers la France.

"C'est sans doute une augmentation importante, et c'est ce que m'a signifié Elio Di Rupo. Malgré cette hausse, la France ne se situe qu'au 10e rang", a fait remarquer M. Hollande lors d'une conférence de presse à l'issue de l’entrevue à Paris avec le Premier ministre belge.

Et d'ajouter, évoquant sans doute certains régimes fiscaux belges qui ont fait l'actualité outre-Quiévrain: "Nous sommes également attentifs à toutes les règles fiscales qui peuvent exister en Belgique."

De son côté, M. Di Rupo a rappelé la préoccupation des autorités belges sur cette hausse importante de la taxation de la bière. "Je confirme que c'est un sujet de préoccupation. Nous maintenons la demande d'un examen approfondi des conséquences de cette mesure pour l'industrie brassicole. J'ai aussi rappelé que la Belgique n'avait augmenté que de 12% les accises sur le vin", a-t-il déclaré.

Le Sénat belge a adopté lundi à l'unanimité une résolution invitant l'équipe Di Rupo à "interpeller" le gouvernement français au sujet d'une mesure budgétaire frappant massivement la bière dans l'Hexagone et dont les conséquences risquent d'être "négatives" pour l'économie belge.

Outre cette interpellation, le Sénat demande également au gouvernement belge "d'étudier l'opportunité" d'informer la Commission européenne à ce sujet et, sur la base de l'éventuel avis de celle-ci, d'introduire "un recours" devant les institutions européennes compétentes en la matière.

La Haute assemblée dénonce notamment le fait que les accises sur la bière seront augmentées de 160%, une telle augmentation n'étant pas prévue pour le vin. Les sénateurs belges en concluent que cette mesure ne semble "pas procéder d'une politique de santé publique" mais paraît s'inscrire davantage "dans la volonté d'opérer un déplacement de comportement des consommateurs français d'un secteur à l'autre".