La Belgique en faveur du statut d’observateur pour la Palestine

Le Premier ministre belge Elio Di Rupo (PS) a indiqué que notre pays votera, la nuit prochaine à l’Assemblée générale des Nations Unies, pour le statut d’Etat observateur non membre demandé par la Palestine. La France et l’Espagne, notamment, devraient en faire de même, mais l’Union européenne reste très partagée sur la question.

A l’issue du comité ministériel restreint de ce jeudi matin, le ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR), a confirmé que la Belgique émettra un vote positif aux Nations Unies lorsque la question de la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur non membre sera abordée.

L’ambassadeur belge à l’Onu accompagnera le vote d’une déclaration pour réclamer le retour à la table des négociations d’Israël et de l’Autorité palestinienne sans condition préalable, en vue d’une solution qui passe par deux Etats viables et sécurisés.

Didier Reynders (photo) a regretté que l’Union européenne ne soit pas parvenue à une position commune face à ce vote, qu’il qualifie d’essentiellement symbolique. Le ministre belge affirme s’être employé, pendant 10 jours et avec d’autres collègues, à tenter de dégager un consensus européen, mais il a dû constater que ce n’était pas possible.

« Je pense que c’est un échec pour l’Europe. J’espère que ce qui va se passer à New York ne va pas disqualifier l’Union européenne dans le processus » de paix entre Israël et la Palestine, a souligné le chef de la diplomatie belge.

Appel à une reprise des négociations de paix

Le président palestinien Mahmoud Abbas soumettra au vote de l’Assemblée générale de l’Onu, ce jeudi soir, un projet de résolution octroyant à la Palestine, actuellement « entité » observatrice, le statut d’ »Etat observateur non membre ». La résolution « exprime l’espoir que le Conseil de sécurité considérera de manière favorable » sa candidature comme membre à part entière, déposée en septembre 2011 par Abbas.

La Palestine appelle à une reprise des négociations israélo-palestiniennes, en panne depuis 2 ans, afin qu’un Etat de Palestine puisse coexister « aux côtés d’Israël en paix et en sécurité , sur base des frontières d’avant 1967 ».

Ce texte est déjà assuré de recueillir la majorité simple requise pour son adoption parmi les 193 pays membres. L’enjeu est plutôt dans l’ampleur de la victoire palestinienne et les conséquences sur le terrain, ainsi qu’au sein de l’Onu.

La date de ce jeudi n'a pas été choisie au hasard. C'est en effet l'anniversaire de l'adoption par l'Onu, en 1947, du plan de partage de la Palestine mandataire, qui prévoyait un État juif et un État arabe.